Anthropic a annoncé une nouvelle version de la politique d’utilisation de Claude, qui entrera en vigueur le 12 novembre 2026. Cette mise à jour vise principalement à préciser la manière dont les règles existantes s’appliquent à mesure que les modèles deviennent capables d’exécuter des tâches plus longues et plus autonomes. L’entreprise affirme que la politique s’appuie également sur des modes d’utilisation abusive observés au cours de l’année écoulée dans les opérations d’influence, le développement d’armes et la surveillance.
Une nouvelle section consacrée aux campagnes trompeuses
Anthropic a regroupé les restrictions relatives aux faux comptes, aux informations fabriquées et à la dissimulation de l’entité à l’origine des messages dans une section distincte intitulée « Ne pas participer à des campagnes trompeuses ou à des activités artificielles ». Cette section interdit d’utiliser Claude pour créer des réseaux de faux comptes ou de fausses publications afin d’amplifier un contenu ou d’en dissimuler la source. Elle couvre également la création des outils et de l’infrastructure nécessaires à la mise en œuvre de campagnes d’influence, qu’elles soient politiques ou commerciales.
Délimitation du champ des restrictions électorales
L’entreprise a renommé la section consacrée aux élections « Ne pas saper les processus démocratiques » et en a limité plus clairement le champ aux usages qui trompent les électeurs ou perturbent les élections, comme la diffusion de fausses informations sur les candidats ou les procédures de vote, l’usurpation de l’identité de candidats ou de responsables électoraux, ainsi que les tentatives de réduire la participation électorale.
En revanche, Anthropic a supprimé l’interdiction générale visant le ciblage des électeurs et la personnalisation des campagnes. Elle précise que certains usages civiques légitimes, comme la préparation d’informations destinées aux électeurs dans différentes langues ou l’envoi, par des responsables électoraux, de notifications visant à corriger des bulletins de vote, ne sont plus couverts par cette interdiction générale. Toutefois, le ciblage fondé sur la tromperie ou l’utilisation abusive de données personnelles reste interdit en vertu d’autres sections.
Armes, surveillance et systèmes autonomes
La politique précise que l’interdiction du développement d’armes couvre les logiciels de guidage et de contrôle ainsi que les composants qui permettent à l’arme de fonctionner, en plus de l’armement de drones et de véhicules autonomes. Anthropic affirme que ce changement reflète la manière dont elle applique les règles précédentes et ne constitue pas un changement dans ses pratiques de mise en œuvre.
La nouvelle formulation interdit également de suivre des personnes sans leur consentement, que ce soit en temps réel ou par l’analyse de données recueillies antérieurement. Elle interdit d’utiliser Claude pour prendre une décision ou formuler une recommandation concernant l’enquête sur une personne, son arrestation ou sa mise en accusation dans le cadre de procédures d’application de la loi ou de justice pénale. Les restrictions couvrent également la création ou l’amélioration d’outils de surveillance. Les usages approuvés par les personnes concernées, comme la surveillance de la fraude, ainsi que la modération de contenu, le journalisme et la recherche juridique, restent autorisés selon ce qu’a annoncé l’entreprise.
Qu’est-ce qui change concrètement ?
Anthropic n’a pas modifié les exigences applicables aux usages à haut risque qui touchent à la santé, aux droits juridiques, aux affaires financières, aux moyens de subsistance ou à l’accès aux services essentiels. Elle les a toutefois reformulées afin de définir directement les situations concernées. Une personne qualifiée doit pouvoir examiner les recommandations de Claude et les modifier si nécessaire, et la personne concernée doit être informée de l’utilisation de l’intelligence artificielle.
La politique ajoute des exigences pour les systèmes qui relient les modèles d’Anthropic à des appareils capables d’exécuter de manière autonome des actions physiques susceptibles de provoquer des blessures. Un opérateur qualifié doit pouvoir surveiller l’équipement et l’arrêter, et l’équipement doit passer dans un état sûr si la connexion à Claude est interrompue.
Restrictions supplémentaires et précisions administratives
Anthropic a ajouté une interdiction visant les comportements persistants et inutilement sévères envers ses modèles, en la limitant aux cas extrêmes. Cela ne couvre pas la frustration ordinaire, la contestation des réponses du modèle, les thèmes créatifs sombres, ni les tests et la recherche.
Anthropic a également précisé, dans sa politique relative aux régions prises en charge, que l’utilisation de Claude n’est pas autorisée aux personnes physiquement présentes dans une région non prise en charge, aux entités constituées dans ces régions ou dont le siège s’y trouve, ni aux entités détenues ou contrôlées majoritairement par des personnes ou des entités situées dans ces régions.
Lecture éditoriale : la principale valeur de cette mise à jour ne réside pas dans l’annonce de nouvelles restrictions dans chaque domaine, mais dans la transformation de règles dispersées ou de pratiques d’application antérieures en textes plus précis, à mesure que l’utilisation des modèles s’étend à l’influence politique, aux systèmes physiques et aux décisions sensibles. La question pratique qui se pose aux clients reste de savoir comment démontrer l’existence d’une supervision humaine capable d’intervenir, le consentement des personnes et le passage à un état sûr lorsque le modèle est déconnecté, en particulier dans les applications qui dépassent la production de texte pour exécuter des actions dans le monde réel.