Les start-up mondiales actives dans la cybersécurité et la protection de la vie privée ont levé 6,8 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, selon les données de Crunchbase. Ce montant est supérieur d’environ 50 % à celui du trimestre précédent et équivaut au montant trimestriel total le plus élevé enregistré ces dernières années.
Mais la hausse de la valeur des financements ne reflète pas une augmentation du nombre d’opérations : le nombre de tours a diminué d’un trimestre à l’autre à tous les stades de l’investissement. Cela indique que les capitaux se sont davantage dirigés vers certaines entreprises capables de lever des tours de grande ampleur.
L’intelligence artificielle et la sécurité de l’identité en tête
Les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle ont obtenu la plus grande part des financements du secteur, avec un accent marqué sur la sécurité de l’identité. Au moins 18 entreprises combinant intelligence artificielle et cybersécurité ont bouclé des tours d’un montant égal ou supérieur à 100 millions de dollars au cours du trimestre.
Keyfactor, fournisseur de solutions de sécurité de l’identité des entreprises, a été le principal bénéficiaire après avoir levé 1 milliard de dollars lors d’un tour de croissance mené par Summit Partners en juillet. L’entreprise a été fondée en 2001 et n’appartient donc pas, au sens traditionnel, à la catégorie des start-up. Toutefois, la majeure partie de son financement d’investissement est intervenue au cours de la dernière décennie, et son orientation vers l’intelligence artificielle est relativement récente.
Island, basée à Dallas, a levé 400 millions de dollars lors d’un tour de série F mené par Evolution Equity Partners en septembre, portant sa valorisation post-investissement à 6,4 milliards de dollars. L’entreprise fournit des outils permettant aux organisations de voir comment les employés et les agents d’intelligence artificielle interagissent avec les applications et les données, et de gérer ces interactions.
Cyera, qui gère une plateforme de sécurité des données des entreprises et se concentre sur les agents d’intelligence artificielle, a également reçu un nouvel investissement de 400 millions de dollars mené par Goldman Sachs Growth Equity en septembre, seulement trois mois après avoir levé 600 millions de dollars. Le dernier tour a porté la valorisation de l’entreprise, basée à New York, à 12 milliards de dollars.
De grandes opérations d’acquisition malgré le ralentissement des introductions en Bourse
L’activité ne s’est pas limitée au financement. Visa a dominé les opérations de fusion-acquisition en rachetant le fournisseur de technologies antifraude BioCatch pour 2,4 milliards de dollars en août, une opération destinée à renforcer ses capacités de détection et de prévention de la fraude dans un contexte marqué par l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle.
Cyera a de son côté acquis Oasis Security, une plateforme de gestion des accès des entreprises conçue pour les agents d’intelligence artificielle, dans le cadre d’une opération évaluée à environ 1 milliard de dollars selon des informations de presse. Quant à Aura, qui propose des services de sécurité numérique aux consommateurs, elle a été la seule grande introduction en Bourse soutenue par du capital-risque : elle a finalisé en juillet l’acquisition de la société australienne cotée Qoria, avant de rebaptiser l’entité issue de la fusion Aura.
Qu’est-ce que cela signifie pour le marché ?
Les données du troisième trimestre montrent que les investisseurs se concentrent sur les entreprises de sécurité capables de traiter les risques liés à l’identité, aux données et aux interactions qui apparaissent avec l’essor de l’utilisation de l’intelligence artificielle. En revanche, la baisse du nombre de tours signifie que l’amélioration du financement total est répartie de manière inégale et tend à profiter aux entreprises les plus grandes ou les mieux établies.
La poursuite de cette dynamique au trimestre en cours reste une question ouverte. La source associe l’environnement d’investissement favorable à l’augmentation des préoccupations de sécurité liées aux progrès rapides des technologies d’intelligence artificielle, mais elle ne garantit pas que le même rythme se poursuivra.