La société Galileo Space développe des satellites capables d’analyser les signaux en orbite et de les convertir en rapports opérationnels en quelques minutes, au lieu d’envoyer des données fragmentées vers la Terre et d’attendre leur traitement pendant des heures ou des jours. Le système vise des applications de défense et commerciales nécessitant de savoir rapidement ce qui se passe et où cela se passe.
L’entreprise affirme que sa plateforme associe des capteurs spécialisés et une intégration de l’intelligence artificielle en périphérie, permettant aux satellites d’identifier les menaces, de déterminer la position géographique des sources de signaux et de fournir des informations exploitables aux opérateurs. Le système a également été conçu pour fonctionner en toute autonomie pendant des semaines, en sélectionnant et en exécutant lui-même les missions de détection.
Des réponses plus rapides aux situations critiques
Les scénarios visés par la plateforme comprennent la détection et le suivi de drones en vue à la première personne et de radars mobiles, ainsi que la surveillance des colonnes de fumée résultant du lancement de missiles balistiques afin de fournir une alerte précoce. Elle peut également détecter les interférences qui perturbent les fréquences de navigation ou les liaisons de communication par satellite, puis en suivre la source.
L’entreprise propose également des usages civils, comme localiser un navire porté disparu qui continue d’émettre un signal de détresse, ou retrouver un satellite ayant perdu la communication avec les stations au sol mais continuant à émettre des signaux permettant d’inférer sa position. Dans les opérations de sauvetage, la réduction du temps d’analyse pourrait améliorer les chances de retrouver les personnes avant la tombée de la nuit.
De la démonstration en orbite à un éventuel contrat gouvernemental
Galileo Space affirme travailler avec des organismes gouvernementaux afin de comprendre les besoins opérationnels et les lacunes en matière de capacités, et être dans les phases finales de l’obtention de son premier contrat gouvernemental. Le lancement du premier satellite de démonstration expérimental est prévu au quatrième trimestre 2027 afin de démontrer ses capacités en orbite, en prélude à une éventuelle candidature à un contrat gouvernemental de phase III.
Parallèlement à son activité dans le domaine de la défense, l’entreprise a approfondi ses relations avec des sociétés commerciales ayant besoin de données quasi instantanées, ce qui pourrait constituer une voie vers des revenus précoces. Galileo Space a également été sélectionnée dans le programme a16z speedrun, parmi 80 entreprises choisies sur 30 000 candidatures.
Qu’est-ce qui est prouvé jusqu’à présent ?
Le changement concret proposé par l’entreprise consiste à transférer une plus grande partie du cycle de détection et d’analyse vers l’orbite, plutôt que de dépendre entièrement du traitement au sol. Toutefois, la capacité opérationnelle n’a pas encore été démontrée lors d’une mission orbitale : le lancement expérimental est prévu en 2027, et le premier contrat gouvernemental n’a pas encore été finalisé selon les informations disponibles. La rapidité des résultats, l’autonomie du système et sa capacité à fonctionner dans des conditions de signaux complexes restent donc des questions ouvertes jusqu’à leur mise à l’épreuve pratique.
L’entreprise est dirigée par une équipe réunissant des compétences en systèmes spatiaux, en sécurité nationale, en intelligence artificielle et en communications radio. Le directeur général possède une expérience antérieure chez Northrop Grumman et Lockheed Martin, tandis que le directeur de la stratégie a dirigé des systèmes d’apprentissage automatique chez Google, YouTube et Amazon Prime Video. Quant au directeur technique, il a conçu et testé des appareils radio pour les vols du SpaceX Starship et a auparavant travaillé dans les technologies de guerre électronique et les amplificateurs de radiofréquences.