Intelligence artificielle

Les traducteurs turcs considèrent l’intelligence artificielle comme une nouvelle collègue, et non comme une concurrente

Des responsables et des universitaires turcs estiment que les outils d’intelligence artificielle ont accru la vitesse de traduction et la capacité des traducteurs à réaliser des travaux, mais qu’ils ne suppriment pas la nécessité d’une révision humaine ni de la responsabilité professionnelle. La nouvelle rapidité a également modifié les attentes des clients concernant les prix et suscité des appels en faveur d’une meilleure régulation du marché.

2026-09-07
5 min de lecture
8 vues
certi.news
Les traducteurs turcs considèrent l’intelligence artificielle comme une nouvelle collègue, et non comme une concurrente

Des spécialistes du secteur de la traduction en Turquie estiment que l’intelligence artificielle remodèle la manière de travailler dans la profession en augmentant la vitesse et la productivité, mais qu’elle ne peut assumer la responsabilité professionnelle ni garantir la transmission du contexte, de la culture et du style sans révision humaine. Selon des déclarations rapportées par l’Agence Anadolu le 7 septembre 2026, les traducteurs commencent à considérer ces outils comme un nouveau partenaire professionnel, et non comme un substitut complet.

Ahmet Varol, président de l’Association des traducteurs turcs et de la Fédération des entreprises de traduction, a déclaré que le traducteur professionnel qui ne travaille pas en harmonie avec l’intelligence artificielle perdrait sa compétitivité. Selon son estimation, un traducteur peut réaliser en une journée, grâce à ces outils, une quantité de traduction qui lui demanderait deux mois selon la méthode traditionnelle, ce qui fait de l’adoption de la technologie un facteur nécessaire pour rester sur le marché.

L’augmentation de la vitesse ne supprime pas la responsabilité du traducteur

Varol souligne que l’intelligence artificielle est particulièrement utile pour les documents longs, les livres et les catalogues dans lesquels les passages se répètent, car elle réduit le temps nécessaire à la production de la première version. Il affirme toutefois que le texte produit doit être vérifié afin de s’assurer que le sens a été compris avec précision, et que la responsabilité finale incombe toujours au traducteur, et non au système.

Prof. Dr. Sevinç Arı, vice-doyenne de la Faculté des sciences humaines et sociales de l’Université de Marmara, partage cette évaluation. Arı affirme que les modèles d’intelligence artificielle peuvent analyser le contexte à des niveaux supérieurs à ceux des logiciels de traduction assistée par ordinateur traditionnels, mais qu’ils peuvent se tromper dans la transmission des éléments culturels et stylistiques ainsi que dans l’adaptation du texte à la capacité de compréhension du public cible. Elle estime donc que les documents officiels et spécialisés nécessitent la révision d’un traducteur expérimenté.

Selon Arı, un traducteur réalisait en moyenne entre 250 et 350 mots par heure, selon ses capacités, tandis que l’utilisation de l’intelligence artificielle peut porter ce rythme à 1 800 mots par heure. Elle affirme que la technologie a réduit les prix dans certains cas, mais qu’elle a également augmenté le volume de travail que le traducteur peut réaliser.

La pression sur les prix accompagne la hausse de la productivité

Varol ne pense pas que l’intelligence artificielle ait réduit le volume de travail dans le secteur de la traduction, mais il affirme que la rapidité d’exécution a modifié les attentes des clients. Certains clients s’attendent, selon ses propres termes, à une baisse des prix d’environ 75 % parce que la tâche est accomplie en moins de temps. Cette pression apparaît clairement dans la traduction des documents officiels : le coût du seul cachet du notaire pour un document de 20 lignes s’élève à environ 1 700 à 2 000 livres turques, tandis que certains traducteurs peuvent ne demander que 200 à 300 livres par crainte de perdre leurs revenus, alors que le prix habituel peut atteindre 1 500 livres.

Varol a déclaré que la Fédération avait préparé un projet et l’avait soumis au ministère turc de la Justice afin de traiter les problèmes de la profession, notamment en fixant un tarif minimum pour réduire l’opacité des prix et les déséquilibres du marché.

Qu’est-ce qui change concrètement ?

Ces déclarations montrent que la valeur pratique de l’intelligence artificielle dans la traduction réside actuellement dans l’accélération de la première version et le traitement des textes répétitifs, et non dans le transfert de la responsabilité au système. Cela signifie également que les compétences requises des traducteurs s’élargissent pour inclure l’évaluation des résultats des modèles, la compréhension du texte original ainsi que le contrôle de la terminologie, du contexte et de la culture.

Arı affirme que l’Université de Marmara a actualisé ses programmes et intégré les technologies d’intelligence artificielle dans le processus pédagogique au lieu de s’opposer à leur utilisation. Selon les éléments disponibles, la question reste ouverte quant à la capacité du marché à répartir équitablement les gains de productivité entre les clients et les traducteurs, et quant à savoir si les règles tarifaires proposées combleront l’écart entre la réduction du temps d’exécution et le coût de la responsabilité professionnelle et de la révision.

Source de l’actualité
Anadolu Agency Technology
Ouvrir la source originale ↗
c
Auteur

certi.news

Dans la même catégorie

À lire également

Voir toutes les actualités