Le système des Nations unies a lancé la plateforme open source UN System Data Commons, afin de rassembler les statistiques produites par ses différentes entités dans une ressource unique, consultable et analysable. La plateforme repose sur Data Commons, développé par Google, et transforme des données dispersées en un graphe de connaissances interconnecté avec lequel les outils et systèmes fondés sur l’intelligence artificielle peuvent interagir.
La plateforme répond à un problème pratique auquel sont confrontés les chercheurs et les analystes : les statistiques relatives à la santé, à la pauvreté, à l’éducation, à l’énergie et à d’autres domaines étaient réparties entre plusieurs organismes, dans des formats et des configurations qui ne correspondaient pas, ainsi qu’avec des limites géographiques différentes. Selon l’article publié, rassembler et relier ces chiffres nécessitait des mois de travail manuel avant même de commencer l’analyse proprement dite.
Relier les indicateurs et les données dans un même environnement
La plateforme intègre les mesures, les périodes et les limites géographiques dans un environnement interconnecté, ce qui permet d’examiner les relations entre plusieurs ensembles de données plutôt que de traiter chaque source séparément. Google indique que cette approche donne aux analystes de données davantage de temps pour rechercher des tendances et concevoir des solutions fondées sur des éléments probants, au lieu de mettre en forme et de réaligner des feuilles de calcul.
Le projet bénéficie du soutien de Google.org à la UN Foundation. L’article précise également que les ensembles de données sont vérifiés avec la participation de statisticiens et d’experts techniques du système des Nations unies. Il s’agit d’un point important, car l’harmonisation des données ne supprime pas la nécessité de vérifier la définition de l’indicateur, sa source et son contexte.
Recherche en langage naturel et assistants de recherche
La plateforme permet à l’utilisateur de poser des questions dans une formulation courante, par exemple sur l’effet de l’accès à l’eau potable dans les zones rurales sur la fréquentation scolaire, ou sur l’évolution de l’espérance de vie moyenne entre les régions du monde. Il est également possible d’utiliser la section Explore pour filtrer les données par lieu ou par thème, notamment la santé et l’éducation, tandis que la section Blog propose des rapports simplifiés sur des tendances précises, comme l’analyse de données de l’UNICEF concernant la réduction de la pauvreté des enfants.
Le lancement ajoute des fonctionnalités destinées aux assistants d’intelligence artificielle dans le cadre du travail de recherche. En s’appuyant sur des normes ouvertes telles que le Model Context Protocol (MCP), les agents peuvent accéder à des chiffres fiables de la plateforme, relier des données provenant de différents domaines, puis préparer des graphiques, des diagrammes ou des documents écrits préliminaires. Google souligne toutefois la nécessité de consulter les sources originales avant de citer des chiffres importants, même lorsque les données utilisées sont documentées et vérifiées.
Pourquoi cette actualité est-elle importante ?
Le changement fondamental ne consiste pas simplement à ajouter une nouvelle interface de recherche, mais à tenter de créer une couche commune au-dessus de statistiques qui fonctionnaient auparavant dans des silos séparés. Cela pourrait réduire le coût d’accès aux données pour les chercheurs, les journalistes et les responsables de programmes, et rendre la comparaison entre les indicateurs plus directe. Toutefois, la valeur des résultats restera liée à la qualité des définitions des données, à leur compatibilité ainsi qu’à leurs limites géographiques et temporelles. De même, l’utilisation d’assistants intelligents ne dispense pas d’un contrôle humain.
Le système des Nations unies prévoit d’ajouter des ensembles de données provenant d’autres entités au cours de l’année prochaine, avec pour objectif d’inclure 80 % de ses ensembles de données statistiques d’ici 2027. La plateforme est accessible à l’adresse data.un.org.