Google a annoncé l’extension d’une expérience de protection sur Android destinée à lutter contre les escroqueries financières exploitant les appels téléphoniques et le partage d’écran. Elle avertit l’utilisateur lorsqu’il ouvre une application financière participante pendant un partage d’écran et qu’il parle avec un numéro qui n’est pas enregistré dans ses contacts. La protection lui permet de mettre fin à l’appel et d’arrêter le partage d’écran en un seul geste, tout en imposant un délai d’attente de 30 secondes avant la poursuite de l’opération.
Cette fonctionnalité vise les méthodes d’escroquerie dans lesquelles des criminels se font passer pour une banque ou un établissement de confiance, puis tentent de convaincre la victime de partager l’écran de son téléphone afin d’accéder à des informations bancaires ou d’effectuer un transfert d’argent. Google affirme que les escrocs continuent de perfectionner leurs techniques d’ingénierie sociale pour convaincre les utilisateurs de consulter des sites malveillants, de divulguer des données sensibles, d’envoyer de l’argent ou de télécharger des applications nuisibles.
Comment la protection fonctionne pendant l’appel
L’avertissement apparaît lorsque trois conditions sont réunies : une application financière participante est ouverte, l’écran du téléphone est partagé et un appel est en cours avec un numéro qui n’est pas enregistré dans les contacts de l’utilisateur. Plutôt que de laisser l’utilisateur prendre la décision à un moment où l’escroc peut lui imposer un sentiment d’urgence et de panique, l’interface affiche une alerte concernant les risques et permet d’arrêter l’appel et le partage d’écran.
Le délai d’attente de 30 secondes ajoute une barrière temporelle avant d’autoriser la poursuite. Selon Google, ce délai a été conçu pour contribuer à rompre l’effet des techniques d’ingénierie sociale et à perturber le faux sentiment d’urgence utilisé par les escrocs pour manipuler leurs victimes.
Extension de l’expérience à d’autres banques et applications
Google a lancé l’expérience plus tôt dans l’année au Royaume-Uni et a déclaré que la protection avait aidé des milliers d’utilisateurs à mettre fin à des appels qui auraient pu leur coûter des sommes importantes. À la suite de ces résultats, l’entreprise a étendu la protection à la plupart des grandes banques du Royaume-Uni, parallèlement à des expérimentations lancées récemment avec des applications financières au Brésil et en Inde.
Google a également commencé à tester la protection avec d’autres types d’applications, notamment les applications de paiement de personne à personne, ou P2P. Cette nouvelle étape comprend le lancement d’une expérience aux États-Unis avec plusieurs entreprises de technologies financières et banques, parmi lesquelles Cash App et JPMorganChase. Le déploiement destiné aux utilisateurs américains commencera sur les versions des applications conçues pour le marché américain en décembre 2025.
Périmètre et compatibilité
La protection est compatible avec les appareils fonctionnant sous Android 11 ou une version ultérieure, mais elle dépend de la participation de l’application financière à l’expérience. Google a également précisé que le déploiement américain se limite aux utilisateurs des versions américaines des applications concernées, ce qui signifie que la fonctionnalité n’est pas automatiquement disponible pour toutes les applications financières ni sur tous les marchés.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges de Google pour lutter contre la fraude sur Android au moyen des appels, des SMS et des notifications de conversation dans les applications de messagerie. L’entreprise a cité une enquête menée par YouGov pour son compte en juillet et en août, auprès de 5100 personnes, soit 1700 participants dans chacun des pays suivants : les États-Unis, le Brésil et l’Inde. Selon les résultats de l’enquête, les utilisateurs d’Android étaient 58 % plus susceptibles que les utilisateurs d’iOS de déclarer n’avoir reçu aucun message frauduleux au cours de la semaine précédente, parmi les utilisateurs de l’application de messagerie par défaut de leur téléphone.
Google a confirmé qu’elle continuerait à collaborer avec les différents acteurs de l’écosystème afin de tirer les enseignements des expériences actuelles et d’étendre ces protections à un plus grand nombre d’utilisateurs à l’avenir.