Le gouvernement canadien a officiellement lancé un plan stratégique intégré pour l'énergie éolienne en mer au large de la côte atlantique de la Nouvelle-Écosse, incluant un investissement initial de 100 millions de dollars pour financer l'infrastructure et réduire les risques pour le capital privé. Cette mesure intervient à un moment où les projets d'énergie éolienne en mer font face à des défis réglementaires et juridiques aux États-Unis voisins.
Selon le ministère des Ressources naturelles du Canada (RNCan), la province de la Nouvelle-Écosse possède certaines des ressources éoliennes les plus puissantes et les plus efficaces au monde, ce qui confère au Canada un avantage concurrentiel grâce à son expertise antérieure dans le secteur de l'énergie pétrolière et gazière en mer. L'initiative, baptisée "Wind West", vise à produire de l'électricité sans émissions pour répondre à l'ensemble des besoins locaux de la province, tout en prévoyant d'exporter le surplus via de nouvelles infrastructures de transport d'énergie.
Détails du financement et étapes opérationnelles
Le processus de mise en œuvre vers les objectifs de 2027 a commencé ; 5 millions de dollars de l'enveloppe d'investissement ont été alloués à l'installation de bouées équipées de capteurs et d'instruments de mesure pour recueillir des données précises sur la vitesse du vent et les conditions marines avant le lancement des appels d'offres pour les investisseurs, prévu au début de l'année prochaine. De plus, le ministère a alloué 3 millions de dollars à l'agence de recherche "Net Zero Atlantic" pour préparer la pose de câbles pour les parcs éoliens et les réseaux de transport entre la Nouvelle-Écosse, le Québec et les régions voisines.
Ce projet s'inscrit dans la stratégie énergétique atlantique plus large qui inclut également l'énergie nucléaire et hydroélectrique, bien que l'énergie éolienne en mer se distingue comme la voie la plus rapide et la plus économique grâce à la maturité des chaînes d'approvisionnement mondiales. La Nouvelle-Écosse avait signé un accord de coopération avec l'État américain du Massachusetts plus tôt en 2026 pour fournir de l'énergie propre produite en mer, contournant ainsi la controverse politique persistante à Washington concernant le secteur de l'énergie éolienne.
Qu'est-ce qui change concrètement ?
Sur le plan pratique, cette mesure représente un tournant vers l'expansion des capacités du réseau électrique atlantique au Canada et l'ouverture de nouvelles perspectives d'exportation vers les marchés énergétiques avides d'Amérique du Nord. En revanche, l'administration américaine dirigée par le président Donald Trump poursuit ses efforts judiciaires pour bloquer les projets éoliens en mer locaux, tels que le projet "Revolution Wind" dans le Connecticut, bien que les tribunaux continuent de rejeter ces tentatives et de confirmer la poursuite des projets existants.