Cloudflare a annoncé l’ajout des deux modèles d’intelligence artificielle ouverts EuroLLM et Apertus à la plateforme Workers AI, parallèlement au lancement d’ateliers pratiques destinés à aider les organismes gouvernementaux et les opérateurs d’infrastructures critiques à construire des défenses cybernétiques qui ne dépendent pas d’un seul modèle. Cette initiative intervient un an après que l’entreprise a présenté le concept de « choix » comme fondement de la souveraineté dans l’intelligence artificielle.
Des modèles européens ouverts sur Workers AI
EuroLLM prend en charge un total de 35 langues, dont les 24 langues officielles de l’Union européenne. Il a été développé avec le soutien d’Horizon Europe, du Conseil européen de la recherche et d’EuroHPC, par un consortium réunissant des universités et des organismes de recherche européens, ainsi que l’entreprise Unbabel et Naver Labs. Le modèle a été entraîné sur le superordinateur MareNostrum 5, et le consortium affirme qu’il surpasse des modèles de taille similaire lors de tests multilingues et de traduction automatique propres à l’Union européenne. Il est possible d’en demander l’accès via Workers AI.
Quant à Apertus, dont le nom signifie « ouvert », il s’agit du premier grand modèle linguistique multilingue entièrement ouvert de Suisse. Il a été entraîné sur plus de 15 000 milliards de tokens dans plus de 1 500 langues, 40 % des données d’entraînement étant consacrées aux langues autres que l’anglais. Il a été développé par l’ETH Zurich, l’EPFL et le Centre national suisse de calcul haute performance dans le cadre de la Swiss AI Initiative, et son architecture, ses poids, ses données d’entraînement et ses méthodes ont été publiés. Il a également été conçu en tenant compte des règles suisses et européennes, notamment de la loi européenne sur l’intelligence artificielle et du RGPD, y compris le respect des demandes d’exclusion des données, la suppression des données personnelles et la limitation de leur mémorisation littérale.
Qu’est-ce qui change concrètement ?
Cette ajout offre aux gouvernements et aux développeurs la possibilité d’utiliser des modèles liés à des contextes linguistiques et réglementaires locaux, au lieu de limiter les applications à des modèles commerciaux fermés. Cloudflare s’appuie sur des exemples qu’elle affirme avoir été créés par des développeurs, des étudiants et des fonctionnaires au cours de l’année écoulée, notamment Form Mitra en Inde, qui guide vocalement les utilisateurs à travers les formulaires d’éligibilité dans 22 langues indiennes, MedBridge à Singapour, qui prend en charge les conversations de santé dans 14 langues, et Anshin Concierge au Japon, qui relie la description du problème formulée par l’utilisateur au service gouvernemental approprié.
Des défenses qui ne s’arrêtent pas à un seul fournisseur
Cloudflare affirme que son équipe de sécurité a développé une couche d’orchestration réunissant plusieurs modèles fonctionnant en parallèle afin de rechercher des vulnérabilités, de vérifier les résultats et de classer les menaces. L’entreprise a publié cette couche en open source, de sorte qu’elle puisse fonctionner avec les modèles fermés ou ouverts choisis par l’utilisateur. L’idée centrale est que la perte d’accès à un fournisseur donné n’entraîne pas automatiquement la mise hors service du dispositif de défense.
L’entreprise lance des ateliers pratiques pour les agences gouvernementales de cybersécurité et les opérateurs d’infrastructures critiques. Les participants y apprennent à construire l’outil d’orchestration et des défenses multicouches, puis à les adapter à leurs environnements et à leurs règles. Le premier atelier se tiendra à Singapour en octobre, dans le cadre de la Singapore International Cyber Week.
Analyse de certi.news
Le changement important ne réside pas simplement dans l’ajout de deux modèles à une plateforme cloud, mais dans la combinaison de deux options ouvertes et multilingues avec des outils de sécurité qui ne sont pas liés à un fournisseur précis. Cela concerne les organismes qui considèrent la continuité d’accès ainsi que la conformité linguistique et réglementaire comme faisant partie de la résilience nationale. Toutefois, la source ne fournit pas de résultats indépendants permettant de mesurer les performances des deux modèles, ni de détails opérationnels sur les exigences des ateliers et les environnements pris en charge ; les affirmations concernant la supériorité et l’impact pratique restent donc principalement fondées sur les éléments rapportés par Cloudflare et les organismes développeurs.