Intelligence artificielle

Cloudflare accorde 7,5 millions de dollars de crédits à des organisations de la société civile pour développer des outils d’intelligence artificielle

Cloudflare a sélectionné 30 organisations à but non lucratif pour la première cohorte de son programme et leur a accordé des crédits d’une valeur totale pouvant atteindre 7,5 millions de dollars afin de concevoir des applications et des outils d’automatisation fondés sur l’intelligence artificielle. Les usages comprennent le suivi de la répression transnationale, le soutien à la santé mentale et la surveillance des politiques numériques, avec un accent déclaré sur la confidentialité et la sécurité, tout en maintenant les décisions sensibles entre les mains des humains.

2026-10-02
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certi.news Editorial Team
Cloudflare accorde 7,5 millions de dollars de crédits à des organisations de la société civile pour développer des outils d’intelligence artificielle

Cloudflare a sélectionné 30 organisations à but non lucratif pour participer à la première cohorte de son programme destiné aux organisations de la société civile, et a accordé aux participantes des crédits d’une valeur totale pouvant atteindre 7,5 millions de dollars pour utiliser ses services de développement. L’entreprise affirme que ces initiatives visent à aider les organisations à concevoir des outils reposant sur l’intelligence artificielle et l’automatisation dans les domaines des droits humains, de l’aide humanitaire, de la santé mentale, de l’éducation et de la participation citoyenne.

Le programme s’inscrit dans l’élargissement de Cloudflare for Startups aux organisations à but non lucratif et aux organisations d’intérêt public, avec la possibilité d’obtenir jusqu’à 250 000 dollars de crédits par organisation. Cloudflare a également annoncé l’ouverture des candidatures pour la deuxième cohorte du programme.

De la protection des sites à la création d’outils

L’initiative est liée au programme Project Galileo, qui fournit gratuitement des services de cybersécurité aux organisations de la société civile et protège plus de 3 400 domaines dans plus de 120 pays. Cloudflare affirme que les besoins de ces entités ont évolué : il ne s’agit plus seulement de sécuriser leurs applications existantes, mais aussi de créer de nouvelles applications adaptées à leurs flux de travail.

Les outils s’appuient sur les services de développement de Cloudflare, notamment Workers AI, AI Gateway et une infrastructure serverless légère. Selon l’entreprise, ces services permettent d’exécuter les applications avec une mise à l’échelle à la demande, de réduire le besoin d’une infrastructure GPU dédiée et de fournir des limites de débit ainsi qu’une surveillance et un routage de l’utilisation des modèles d’intelligence artificielle afin de limiter les appels inutiles.

La source précise toutefois que l’adoption de l’intelligence artificielle se heurte encore à des obstacles au sein du secteur de la société civile. Une enquête de CIVICUS a indiqué que plus de la moitié des participants considéraient les préoccupations liées à la confidentialité comme un obstacle à l’utilisation, tandis que 48 % ont déclaré que les contraintes financières limitaient l’adoption. Ces organisations traitent des données extrêmement sensibles, telles que la localisation des militants et l’identité de sources anonymes, ce qui fait d’une fuite ou d’un accès non autorisé un problème dépassant le seul coût d’exploitation.

Exemples d’outils développés par les organisations

LebTown, une salle de rédaction indépendante à but non lucratif du comté de Lebanon, en Pennsylvanie, a développé un système de gestion éditoriale qui suit les articles de la phase de proposition jusqu’à la publication, et qui mesure la portée et l’impact du travail communautaire. Elle a également conçu des outils pour convertir les registres de transferts immobiliers de fichiers PDF en données structurées, ainsi qu’un agent de correction linguistique intégré à WordPress.

En Inde, Kaya Guides a créé une application de santé mentale sur WhatsApp qui met en relation des personnes souffrant de dépression avec des conseillers formés. En septembre 2026, l’application avait accompagné 10 439 personnes, dont 2 325 utilisateurs actuellement enregistrés, et traitait environ 500 000 messages par mois. L’organisation a également développé un système qui écoute les appels de conseil et fournit aux conseillers des commentaires en temps réel.

The Snorkelling Society, une organisation britannique à but non lucratif, utilise quant à elle Cloudflare pour sécuriser l’application SnorkelMap, qui permet à la communauté mondiale des amateurs de plongée avec tuba de découvrir des sites et d’ajouter des expériences et des photos.

L’automatisation dans les activités sensibles

Cloudflare a également collaboré avec Freedom House pour créer un tableau de bord qui collecte et organise les rapports publics et identifie les cas potentiels de répression transnationale, en configurant l’outil selon la méthodologie de l’organisation et en l’associant à toutes les étapes du développement. Elle travaille aussi avec Global Network Initiative sur un tableau de bord qui surveille les propositions réglementaires et les évolutions juridiques liées à la liberté d’expression et à la confidentialité, et qui suit les possibilités de plaidoyer ainsi que les échéances.

Le partenariat avec Article One comprend un outil d’évaluation des risques liés aux droits humains grâce au traitement de documents tels que les audits d’usines et les rapports sur le contexte des pays. Cloudflare souligne que l’intelligence artificielle aide à organiser les informations et à proposer des brouillons, tandis que les jugements finaux restent entre les mains du personnel d’Article One.

Qu’est-ce qui compte concrètement ?

L’initiative propose un modèle d’utilisation de l’intelligence artificielle dans des organisations qui disposent souvent de ressources d’ingénierie limitées, mais qui traitent des données ne tolérant pas un traitement incontrôlé. La valeur essentielle ne réside pas seulement dans l’octroi de crédits cloud, mais dans la combinaison du financement, des services de développement, du soutien technique et des contrôles de sécurité et de confidentialité.

Les exemples ne démontrent toutefois pas que l’automatisation élimine le besoin d’une supervision humaine. Ils soulignent au contraire explicitement la nécessité de déterminer les tâches adaptées aux modèles, de réduire les données, d’empêcher les fuites et les hallucinations, et de maintenir l’humain dans les décisions ayant des conséquences sur les droits. L’initiative apparaît donc importante en tant qu’expérience pratique de conception d’outils d’intelligence artificielle pour des environnements hautement sensibles, plutôt qu’en tant que solution générale aux problèmes des organisations à but non lucratif.

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