Espace et technologies spatiales

Lors de l’IAC 2026, la Turquie révèle les contours du projet de constellation ASTRALINK et discute de l’autonomie d’accès à l’espace

ASELSAN a annoncé le lancement du projet de constellation ASTRALINK, qui comprendra 198 satellites en orbite terrestre basse, avec pour objectif de lancer le premier satellite dans un délai de deux ans et d’intégrer le système aux réseaux terrestres. Des participants à l’IAC 2026 ont également discuté du développement des plateformes de lancement turques, de l’avenir des stations commerciales et du rôle de la mission lunaire dans la construction d’un écosystème spatial national.

2026-10-06
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certi.news
Lors de l’IAC 2026, la Turquie révèle les contours du projet de constellation ASTRALINK et discute de l’autonomie d’accès à l’espace

ASELSAN a révélé, lors de la conférence IAC 2026 à Antalya, le projet ASTRALINK (GÖKBAĞI), un système de constellation de satellites en orbite terrestre basse (LEO) comprenant 198 satellites interconnectés. Le directeur général de l’entreprise, Ahmet Akyol, a déclaré que le projet, lancé à la fin de l’année dernière, visait à servir la Turquie et les pays alliés, avec un plan prévoyant le lancement du premier satellite dans un délai de deux ans.

L’annonce a été faite lors d’une session intitulée « Construire un pont entre les époques : de l’astronomie de la Route de la soie à l’exploration lunaire », animée par le président de l’Agence spatiale turque, Yusuf Kıraç, dans le cadre de la conférence organisée par la Fédération internationale d’astronautique (IAF) au centre NEST, dans la ville d’Antalya.

Qu’est-ce qui change concrètement ?

Selon Akyol, ASTRALINK ne fonctionnera pas comme un système distinct de l’infrastructure actuelle, mais s’intégrera aux réseaux terrestres d’ASELSAN. L’entreprise affirme disposer de plus d’un million de terminaux utilisés sur le terrain, ce qui fournit une base opérationnelle pouvant être reliée aux nouveaux services de la constellation. Le système s’appuiera également, selon cette déclaration, sur des formes d’onde développées par l’entreprise, des puces nationales et des sous-systèmes produits dans le cadre du système local.

ASELSAN a présenté le projet comme une transition des satellites individuels vers des réseaux de satellites interconnectés, en mettant l’accent sur la sécurité, la résilience ainsi que la gestion intelligente et dynamique des ressources. Toutefois, la source ne précise pas certains éléments essentiels, tels que la largeur de bande, les sites de fabrication, les lanceurs ou le modèle commercial du service, autant d’éléments qui seront nécessaires pour évaluer la compétitivité du projet.

L’accès autonome à l’orbite

Le membre du conseil d’administration de l’Agence spatiale turque, le professeur docteur Arif Karabioğlu, a déclaré que le développement des capacités de lancement était important pour les pays émergents et de taille moyenne en raison de son lien avec l’autonomie. Il a indiqué que la masse utile lancée en orbite au cours des dix dernières années était passée de 300 tonnes à 3 000 tonnes, parallèlement à une baisse notable des coûts.

Il a ajouté que la Turquie construisait un port spatial en Somalie, en tirant parti, selon sa déclaration, de la proximité du site avec l’équateur, de la sécurité des trajectoires de lancement et des conditions météorologiques. Il a déclaré qu’Ankara souhaitait l’utiliser pour lancer ses propres véhicules, tout en l’ouvrant à l’utilisation internationale à l’avenir. Le rapport ne fournit aucun calendrier pour la mise en service du port ni aucun détail technique sur les lanceurs qui lui sont associés.

Les stations commerciales et la mission lunaire

L’astronaute Michael López-Alegría, astronaute en chef d’Axiom Space et vice-président de l’IAF, a déclaré que l’entreprise prévoyait de lancer le premier module d’une série de modules de station spatiale commerciale en 2028. Il a indiqué que l’objectif était d’achever la station commerciale avant le retrait de la Station spatiale internationale (ISS) de son orbite, tandis que l’entreprise continuerait à mener des missions commerciales d’astronautes, dont Ax-3, à laquelle a participé l’astronaute turc Alper Gezeravcı.

De son côté, le directeur des opérations spatiales de Fergani, Hasan Hüseyin Ertoku, a déclaré que les secteurs spatial et des communications avaient connu une forte accélération au cours des cinq dernières années. Le directeur de l’institut TÜBİTAK UZAY, Mehmet Nafiz, a expliqué que la mission lunaire turque dépassait l’objectif de l’atterrissage, car elle réunissait les universités, les centres de recherche, les entreprises de l’industrie de défense et les start-up au sein d’un même écosystème national.

Pourquoi cette nouvelle est-elle importante ?

L’importance de cette évolution réside dans le passage de l’ambition spatiale turque de la réalisation de missions isolées à la construction de couches intégrées comprenant une constellation de communications, une infrastructure de lancement, une station commerciale et un programme lunaire. Toutefois, les chiffres annoncés pour ASTRALINK restent des objectifs du projet et non des résultats opérationnels confirmés ; l’importance réelle de l’annonce dépendra donc du succès du lancement, de la continuité du service, de la capacité du système à concurrencer les solutions commerciales et de la réalisation de l’intégration annoncée avec les réseaux terrestres.

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Anadolu Agency Technology
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