La start-up Hoomanely, basée à Palo Alto, développe un système qui recueille des données quotidiennes sur les chiens afin d’aider leurs propriétaires et les vétérinaires à repérer plus tôt les signes de maladie. Le système se compose de la station d’alimentation intelligente EverBowl et d’une plateforme d’analyse fondée sur l’intelligence artificielle, qui présente les résultats au moyen d’une application et de rapports à long terme.
EverBowl mesure la quantité de nourriture et d’eau consommée par le chien ainsi que la vitesse à laquelle il les ingère. Il enregistre également les sons de mastication et de déglutition, la température associée au visage, les mouvements de la bouche et d’autres signaux. La plateforme utilise ces données pour établir une référence propre à chaque chien et un dossier de santé continu, puis alerte l’utilisateur lorsque des changements persistants et importants apparaissent par rapport à cette référence. Le propriétaire de l’animal peut saisir manuellement des informations supplémentaires afin de mettre à jour le dossier avec des données que les capteurs ne peuvent pas recueillir.
Pourquoi cette actualité est-elle importante ?
Hoomanely estime que la routine alimentaire offre un environnement récurrent pour recueillir des données : le lieu, la position et l’heure sont similaires, et le comportement se répète généralement deux fois par jour pendant des années. Selon l’entreprise, l’appétit, l’hydratation et le confort buccal peuvent être affectés par de nombreux problèmes, allant des douleurs dentaires et des troubles gastriques aux changements hormonaux et aux maladies. L’objectif n’est donc pas seulement de mesurer la quantité de nourriture, mais de créer une série temporelle susceptible de révéler un changement difficile à remarquer directement pour le propriétaire.
Au cours d’une phase d’essai pilote de 18 mois, l’entreprise a recueilli environ 5 millions de points de données auprès de plus de 80 chiens. Elle affirme que le système a détecté une modification du schéma alimentaire de l’un des chiens, qui s’est ensuite révélée liée à une dent cassée ayant commencé à s’infecter. Dans un autre cas, l’application a montré une modification persistante des habitudes alimentaires et des températures par rapport à la référence, ce qui a incité le propriétaire à consulter un vétérinaire. Le chien a alors été diagnostiqué avec une fièvre des tiques.
Les limites avant un usage médical
Ces exemples ne prouvent pas que la plateforme est un outil de diagnostic. L’entreprise a reconnu qu’elle ne disposait pas encore de données indépendantes sur la sensibilité, la spécificité ou les taux de faux positifs concernant les événements cliniques. La mesure de ces indicateurs nécessite une étude comparant les alertes du système à des diagnostics réels. En outre, l’échantillon testé est relativement réduit, et il semble qu’environ 50 appareils seulement aient été expédiés jusqu’à présent.
Hoomanely affirme qu’EverBowl et les rapports associés sont disponibles moyennant un abonnement mensuel de 29 dollars, tout en soulignant que le service ne remplace pas un diagnostic vétérinaire. L’entreprise prévoit de mener des études vétérinaires officielles mesurant la sensibilité, la spécificité, la valeur prédictive positive et les faux positifs pour chaque catégorie d’alerte, plutôt que de fournir un seul chiffre global.
D’un bol intelligent à une plateforme de données
L’entreprise prévoit d’étendre son écosystème avec un appareil portable appelé EverSense, destiné à mesurer les mouvements et le confort, ainsi qu’avec la plateforme EverHub, qui intégrera les données d’appareils tiers tels que les colliers intelligents, les distributeurs de nourriture et les appareils domestiques. À long terme, Hoomanely souhaite bâtir une entreprise spécialisée dans les données de santé animale, en utilisant ces données pour la recherche, les services de nutrition et l’assurance, avec la possibilité de s’étendre à l’avenir aux chats, aux animaux d’élevage et aux chevaux.
L’entreprise a levé 1,8 million de dollars lors d’un tour de financement de pré-amorçage et affirme avoir entamé des discussions pour un tour d’amorçage. En pratique, la valeur actuelle du projet réside dans la surveillance continue et la fourniture au vétérinaire d’un dossier plus long, tandis que les études à venir détermineront si les alertes sont fiables au-delà des cas expérimentaux limités.