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Peut-on vraiment utiliser l’urine pour refroidir les centres de données ? La plaisanterie mène à une véritable solution

Une plaisanterie marketing sur l’utilisation de l’urine pour refroidir les centres de données d’intelligence artificielle est devenue le point de départ d’une discussion sur l’utilisation d’eau recyclée. Des experts soulignent que la solution viable consiste à traiter les eaux usées, et non à pomper directement l’urine, mais que l’extension de cette approche nécessite d’importantes infrastructures et des investissements considérables.

2026-08-20
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فريق تحرير certi.news
Peut-on vraiment utiliser l’urine pour refroidir les centres de données ? La plaisanterie mène à une véritable solution

Une campagne satirique de Liquid Death et Garage Beer, à laquelle participait Jason Kelce, proposait de refroidir les centres de données d’intelligence artificielle avec de l’urine humaine plutôt qu’avec de l’eau potable. Bien que l’idée ait été présentée sur le ton de la plaisanterie, elle mettait en lumière un problème réel : les centres de données ont besoin de quantités considérables d’eau pour empêcher la surchauffe des serveurs, tandis que la pression sur les sources d’eau potable s’intensifie.

Le paradoxe est que le secteur utilise déjà une ressource proche de cette idée, mais après son traitement dans des systèmes spécialisés. Les eaux usées contiennent de l’urine ainsi que des sels, de l’urée, des bactéries et des matières organiques, et les stations d’épuration peuvent les transformer en eau adaptée à un usage industriel, notamment au refroidissement des centres de données.

La plaisanterie n’est pas une méthode de refroidissement viable

Michael Obradovitch, vice-président chargé des comptes mondiaux de centres de données chez Ecolab, a déclaré que des sources d’eau alternatives étaient déjà utilisées pour réduire la dépendance à l’eau potable. Mais Bruno Pigott, directeur exécutif de la WateReuse Association et ancien directeur adjoint par intérim de l’eau à l’Agence américaine de protection de l’environnement, a expliqué que l’objectif n’était pas de collecter l’urine et de l’utiliser directement, mais de la nettoyer et de la transformer en eau utile.

L’utilisation d’urine brute dans une tour de refroidissement créerait d’importants problèmes opérationnels. Les sels, l’urée, les bactéries et les matières organiques pourraient laisser des dépôts minéraux, ce qui nécessiterait un nettoyage continu. Le problème est encore plus important dans les systèmes de refroidissement par évaporation, qui font passer l’air chaud sur l’eau afin d’évacuer la chaleur par évaporation ; l’introduction directe d’urine compliquerait le traitement et pourrait entraîner des odeurs et des résidus indésirables.

Des technologies sont capables de transformer l’urine en eau potable, comme cela se fait dans les véhicules spatiaux, où les astronautes ne peuvent pas transporter des quantités illimitées d’eau. Mais appliquer ce procédé à l’échelle des centres de données n’est pas l’option pratique envisagée. À la place, les eaux des toilettes rejoignent les réseaux d’égouts, puis sont traitées dans des installations qui utilisent des technologies telles que les bioréacteurs à membranes, l’osmose inverse et les ultraviolets, ainsi que d’autres procédés.

L’eau recyclée réduit la pression, mais nécessite un réseau complet

L’eau recyclée est utilisée depuis des décennies pour refroidir diverses industries, mais la demande croissante des centres de données a rendu cet usage plus visible. Greta Zornes, responsable de la pratique de réutilisation de l’eau au sein de la société d’ingénierie CDM Smith, estime qu’une part croissante de son travail porte actuellement sur des projets d’eau recyclée destinés aux centres de données.

L’avantage pratique est clair : plus les centres de données dépendent des eaux usées traitées, moins ils ont besoin des approvisionnements locaux en eau potable. Toutefois, cette option n’est pas disponible partout. L’installation doit être située relativement près d’une grande station d’épuration capable de fournir des millions de gallons par jour, une condition qui peut ne pas être remplie lorsque les centres de données sont construits dans des zones rurales dépourvues de stations de traitement de la taille requise.

L’exemple de Loudoun révèle l’ampleur de l’écart

Le comté de Loudoun, en Virginie, compte plus de 250 centres de données et prévoit d’en construire au moins 24 supplémentaires. En 2025, les centres de données de la région ont utilisé collectivement environ 200 millions de gallons d’eau recyclée par jour. Pourtant, cette quantité ne représentait que 43 % de la consommation quotidienne d’eau des centres de données du comté.

Les 57 % restants, soit environ 260 millions de gallons par jour, provenaient des approvisionnements en eau potable, selon Loudoun Water. Ces chiffres montrent que la réutilisation de l’eau peut alléger la pression, mais qu’elle ne supprime ni la nécessité d’étendre les infrastructures ni celle de réduire la dépendance des centres à l’eau potable.

Qu’est-ce qui change concrètement pour les exploitants de centres de données ?

La solution ne consiste pas à rechercher une source d’eau insolite, mais à planifier en amont l’emplacement du centre de données et à le relier aux capacités de traitement des eaux usées disponibles. Obradovitch estime que les centres de données pourraient devenir des financeurs ou des « ancres » de projets d’infrastructures hydrauliques, les entreprises pouvant s’engager à financer des projets municipaux proches de leurs installations. L’article indique que Meta investira au moins 270 millions de dollars dans des projets d’infrastructures liées aux eaux usées à proximité de ses centres de données.

Sur le plan législatif, Pigott appelle à un crédit d’impôt de 30 % afin d’aider les industries à développer les infrastructures d’eau recyclée. Il estime que ce soutien pourrait accélérer l’entrée des centres de données et d’autres industries dans ce domaine.

La campagne révèle également une évolution de la nature du débat public. L’empreinte hydrique des centres de données fait désormais partie de la controverse sur l’expansion de l’intelligence artificielle, alors qu’un récent sondage de Gallup a montré qu’environ sept Américains sur dix s’opposaient à la construction de centres de données dans leur communauté. Ainsi, même une plaisanterie grossière peut avoir une utilité si elle amène le public à comprendre que le traitement et la réutilisation des eaux usées existent déjà, et que le principal défi consiste à développer les infrastructures nécessaires pour les appliquer à grande échelle.

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