Énergie et technologies vertes

L’Inde reformule son argument en faveur d’un financement climatique international accru

Selon la Dr Vyoma Jha du NRDC, la transition de l’Inde vers une énergie propre est autant liée à la sécurité énergétique qu’au climat, et le déficit annuel de financement pourrait atteindre environ 100 milliards de dollars jusqu’en 2050. L’article appelle à réorienter le financement climatique international, en accordant davantage de poids à l’adaptation et à la résilience, parallèlement à la réduction des émissions.

2026-09-11
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فريق تحرير certi.news
L’Inde reformule son argument en faveur d’un financement climatique international accru

À l’approche du sommet des dirigeants des BRICS, qui doit se tenir à New Delhi les 12 et 13 septembre 2026, et avant la COP31 prévue à Antalya, en Turquie, en novembre, l’Inde avance un nouvel argument en faveur d’un financement climatique international. Selon la Dr Vyoma Jha, India Clean Energy Senior Advocate, International au NRDC, la question ne concerne pas uniquement la rapidité de la transition mondiale vers l’électricité, mais aussi ceux qui en supportent les coûts, les conditions de cette transition et les personnes susceptibles d’être laissées en dehors du système.

L’article s’appuie sur un point de vue politique et analytique selon lequel la crise en Asie occidentale et les perturbations des flux de pétrole et de gaz transitant par le détroit d’Ormuz ont révélé la vulnérabilité des États dépendants des importations d’énergie. Jha affirme qu’en conséquence, les pays du Sud global font face à une hausse des prix des carburants et des denrées alimentaires ainsi qu’à une diminution des perspectives de croissance, ce qui fait de la transition vers des sources d’énergie propres et locales une question de sécurité énergétique, et pas seulement un dossier climatique.

L’Inde finance l’essentiel de ses besoins au niveau national

Selon les chiffres cités dans l’article, les sources d’énergie non fossiles représentaient plus de 54 % de la capacité électrique installée en Inde, tandis que les énergies renouvelables ont couvert plus de la moitié de la demande d’électricité au cours du mois précédant la publication de l’article. Jha cite les données les plus récentes de l’Economic Survey pour indiquer que 83 % du financement de l’atténuation des effets du changement climatique et 98 % du financement de l’adaptation en Inde proviennent de sources nationales.

Ce pourcentage constitue le fondement de l’argument indien auprès des pays développés et des institutions internationales : New Delhi ne demande pas que le financement extérieur se substitue aux dépenses nationales, mais estime que le financement international et l’accès aux technologies doivent aider les pays en développement à mettre en œuvre leurs plans climatiques, en particulier lorsque leurs besoins sont importants et que leur capacité à emprunter ou à attirer des capitaux privés est limitée.

Un déficit pouvant atteindre 100 milliards de dollars par an

L’article s’appuie sur le rapport de NITI Aayog consacré aux scénarios d’une « Inde développée » et de zéro émission nette, ainsi que sur la contribution déterminée au niveau national la plus récente présentée par l’Inde à l’UNFCCC. Le rapport estime les besoins cumulés de financement de l’Inde jusqu’à l’horizon de la neutralité carbone en 2070 à environ 6,5 mille milliards de dollars.

En se concentrant sur la période allant jusqu’en 2050, les besoins totaux s’élèvent à 8,05 mille milliards de dollars, contre 5,56 mille milliards de dollars de financement disponible, selon les chiffres cités. L’article convertit cette différence en un besoin annuel d’environ 100 milliards de dollars au cours des deux prochaines décennies. Il souligne que ce montant correspond à la valeur de l’engagement pris par les pays développés de fournir 100 milliards de dollars par an aux pays en développement d’ici 2020, engagement qu’ils n’ont pas respecté dans les délais.

Selon la source, le rapport de NITI Aayog ne précise pas la répartition exacte entre financement public et privé au sein du déficit international. L’article propose toutefois un scénario reposant sur les banques multilatérales de développement, les canaux bilatéraux et les fonds climatiques pour couvrir une part importante des besoins, tout en mobilisant les investissements privés au moyen du financement mixte et d’instruments de réduction des risques.

L’adaptation climatique est le maillon le plus faible

Le problème ne se limite pas au financement de la réduction des émissions. Le financement mondial de l’adaptation s’est élevé à 64 milliards de dollars en 2024, contre environ 1,9 mille milliards de dollars consacrés au financement de l’atténuation, selon l’article. De plus, l’Adaptation Fund n’a pas atteint son objectif de réunir 300 millions de dollars par an au cours des trois dernières années.

Jha estime que la situation de l’Inde, qui finance localement 98 % de ses besoins d’adaptation, met en évidence un dysfonctionnement plus large du système international, car la vulnérabilité aux risques climatiques n’est pas suffisamment prise en compte dans l’orientation des capitaux. Elle affirme que le défi ne consiste pas seulement à déclarer l’importance de l’adaptation, mais à élaborer des instruments, des normes et des canaux institutionnels permettant de financer à grande échelle les investissements locaux fondés sur la nature et les communautés.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

L’article présente le prochain sommet des BRICS comme une enceinte importante pour élaborer la position des pays du Sud global sur le financement de la résilience et de la transition énergétique. Selon la source, les pays des BRICS ont convenu plus tôt en septembre d’approfondir leur coopération en matière d’adaptation, ont appelé à accroître le soutien financier international et ont adopté quatre documents finaux, dont des principes en faveur d’une adaptation axée sur les personnes et les communautés et tirant parti des connaissances traditionnelles.

L’article établit également un lien entre le processus des BRICS et les négociations de la COP31 à Antalya. L’objectif fixé par la présidence de la COP31, qui consiste à porter la part de l’électricité dans la demande mondiale finale d’énergie à 35 % d’ici 2035, contre un peu plus de 20 % actuellement, nécessite un financement applicable, et pas seulement des objectifs politiques. De même, l’attention accrue accordée à la résilience au sein des BRICS n’aura pas d’effet concret sans instruments capables d’attirer les capitaux privés.

Jha conclut que la demande de l’Inde ne consiste pas en une simple redistribution des fonds existants, mais en un appel à élargir la base de financement grâce à des sources de revenus innovantes, à de nouveaux contributeurs et à des flux entre pays du Sud. Dans le cadre du nouvel objectif international de 1,3 mille milliards de dollars de financement climatique, le besoin annuel estimé de l’Inde, soit 100 milliards de dollars, représente environ 7 % du total.

Cette vision laisse toutefois ouvertes des questions concernant la capacité des institutions publiques et privées à fournir des financements à des conditions appropriées, ainsi que la manière d’orienter les fonds vers les projets locaux d’adaptation. Il ne s’agit pas de détails secondaires : la réussite du modèle proposé pour l’Inde pourrait déterminer si le financement climatique est capable de soutenir d’autres économies en développement davantage exposées aux risques.

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