Mike Gold, président de Redwire Space, a déclaré que le passage des besoins des centres de données orbitaux des kilowatts aux mégawatts nécessitera de vastes panneaux solaires pliables et déployables en orbite. L’entreprise étudie l’utilisation du silicium comme alternative au germanium afin de réduire les coûts et de contourner les contraintes des chaînes d’approvisionnement.
Les centres de données envisagés en orbite pourraient avoir besoin de panneaux solaires bien plus grands que les systèmes actuellement utilisés, leurs besoins électriques passant de l’ordre du kilowatt à celui du mégawatt. Mike Gold, président de l’entreprise américaine de technologies d’infrastructures spatiales Redwire Space, a déclaré que cette évolution ferait des systèmes d’énergie solaire à grande échelle un élément essentiel du fonctionnement de ces installations.
Gold a tenu ces propos lors du 77e Congrès international d’astronautique, organisé au centre de conférences Antalya NEST, en Turquie, où il a parlé de la technologie de panneaux solaires pliables et déployables développée par Redwire. Les panneaux sont comprimés avant le lancement sous la forme d’une structure compacte semblable à un tapis, puis déployés en orbite afin de fournir une surface de production supérieure à celle que permet le compartiment de charge utile de la fusée.
Résoudre le problème de l’espace et de la masse
Redwire estime que cette structure pourrait contribuer à résoudre la contradiction fondamentale de la conception des systèmes spatiaux : les centres de données orbitaux ont besoin d’une grande quantité d’énergie, tandis que les fusées imposent des contraintes strictes concernant le volume et la masse de la charge utile. Selon Gold, la capacité de pliage et de déploiement permet de transporter de vastes panneaux, puis de les mettre en service après l’arrivée en orbite, à la manière d’une tente pliée pendant le transport et déployée sur le lieu de camping.
Gold a indiqué que l’entreprise avait fabriqué, dans le cadre de l’un de ses programmes réalisés pour le compte de la NASA, des systèmes de panneaux solaires qu’il a décrits comme les plus grands jamais déployés par l’humanité dans l’espace à ce jour. Il a toutefois précisé que les prochains panneaux, qui seront envoyés vers la Station spatiale internationale le 13 octobre, serviront à moderniser les anciens panneaux de la station, et non à alimenter directement des centres de données orbitaux.
Pourquoi cette information est-elle importante ?
L’élément important ici n’est pas l’annonce de la mise en service d’un centre de données en orbite, mais l’émergence de l’énergie comme l’une des principales contraintes d’ingénierie pour ce type d’infrastructure. En effet, faire passer la puissance du kilowatt au mégawatt ne nécessite pas seulement des panneaux plus grands, mais impose également des défis liés à la masse, au mécanisme de déploiement, à la fabrication et à l’approvisionnement à long terme en matériaux.
Le silicium au lieu du germanium
Gold a déclaré que l’industrie étudiait l’utilisation de panneaux solaires à base de silicium en raison de la baisse de la disponibilité du germanium utilisé dans la fabrication des panneaux. Le silicium se caractérise par un coût inférieur et des ressources abondantes, mais il nécessite une surface plus grande pour produire la même quantité d’énergie que les solutions à base de germanium.
Redwire tente de remédier à cet inconvénient grâce à une conception légère, pliable et déployable, qui permet d’utiliser une surface plus grande sans augmentation équivalente de la masse. Selon ces déclarations, le passage au silicium pourrait contribuer à réduire les coûts, mais la source ne fournit aucun chiffre concernant la puissance visée, la masse, le rendement des panneaux ou la date d’utilisation effective de ces systèmes dans des centres de données orbitaux.