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L’Ontario face à un déficit d’électricité propre avant de faire face à une pénurie de capacité

Les données de l’Ontario indiquent que le premier défi jusqu’au milieu de la prochaine décennie consistera à garantir des quantités suffisantes d’électricité propre tout au long de l’année, et non à ajouter une énorme capacité de pointe. Selon l’auteur, la province doit accélérer le déploiement des énergies renouvelables, du stockage et de la flexibilité, et reporter les décisions concernant une importante expansion nucléaire jusqu’à ce que les besoins liés à la demande soient plus clairs.

2026-08-14
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فريق تحرير certi.news
L’Ontario face à un déficit d’électricité propre avant de faire face à une pénurie de capacité

L’Ontario a besoin de beaucoup plus d’électricité, mais le premier déficit auquel il sera confronté ne sera pas une pénurie massive de capacité de production de pointe, mais une pénurie d’énergie annuelle propre. La demande d’électricité a atteint 145,6 TWh en 2025, soit une hausse de 4,4 % en un an, tandis que le scénario de référence de l’Independent Electricity System Operator de l’Ontario (IESO) prévoit 250 TWh d’ici 2050. Toutefois, la fourchette des prévisions s’étend de 207 à 297 TWh, une différence qui modifie considérablement l’ampleur des infrastructures nécessaires.

Selon l’analyse, après prise en compte des projets actuellement en construction, la province souffrira d’un déficit de plus de 8 TWh d’énergie annuelle en 2032, et de plus de 12 TWh en 2035. En revanche, le déficit supplémentaire de capacité estivale n’apparaîtra qu’en 2035 et commencera à environ 950 MW. L’auteur estime donc que la priorité devrait être d’ajouter de l’électricité propre disponible toute l’année, plutôt que de chercher immédiatement d’énormes quantités de nouvelle capacité de pointe.

L’énergie et la flexibilité sont des produits différents

L’analyse souligne que le mot « capacité » ne décrit pas la même fonction pour toutes les ressources du réseau. Une centrale éolienne produit de l’électricité lorsque le vent souffle, tandis qu’une batterie n’ajoute pratiquement pas d’énergie annuelle nette, mais déplace l’électricité vers les heures où elle est la plus utile. L’hydroélectricité peut fournir à la fois de l’énergie et de la flexibilité, tandis que le transport permet d’utiliser l’électricité produite dans d’autres régions. La réponse à la demande peut également réduire la pointe de consommation sans produire d’électricité supplémentaire, tandis que la production nucléaire fournit de grandes quantités d’électricité bas carbone et une capacité fiable pendant des décennies.

Par conséquent, traiter ces ressources comme si elles vendaient le même produit pourrait conduire à une combinaison d’investissements inadaptée. L’auteur propose que l’Ontario commence par les ressources qui peuvent être ajoutées le plus rapidement et qui sont les mieux à même de combler le déficit à court terme, puis détermine l’ampleur de la nouvelle expansion nucléaire en fonction des besoins résiduels qui persisteront par la suite.

Le retour des achats d’énergie éolienne et solaire

L’Ontario a recommencé à acheter de l’énergie éolienne et solaire après plus d’une décennie sans processus majeur d’achat de nouveaux projets d’énergie renouvelable. La première fenêtre d’achat d’énergie du programme LT2 a abouti à la signature de projets totalisant 1 115 MW, qui devraient produire environ 2,37 TWh par an.

L’IESO a indiqué que les prix des projets initialement sélectionnés étaient inférieurs de 21 % à ceux du précédent grand processus comparable d’achat d’énergie renouvelable. Cela ne signifie pas que l’éolien et le solaire peuvent à eux seuls résoudre tous les problèmes du réseau, mais cela montre, selon l’analyse, que l’Ontario peut ajouter une quantité importante d’électricité propre en quelques années sans arrêter dès maintenant la forme définitive de son parc de production jusqu’en 2045.

Le stockage et la réduction de la dépendance au gaz

La province a également accru ses achats de ressources qui l’aident à utiliser davantage d’énergie éolienne et solaire sans dépendre excessivement du gaz. La dernière fenêtre de capacité du programme LT2 a ajouté environ 640 MW de batteries, portant le stockage sous contrat à plus de 3,5 GW d’ici 2030. Les prix de cette ronde étaient inférieurs de 36 % à ceux du premier processus d’achat rapide de batteries de longue durée, et de 16 % à ceux du premier processus d’achat régulier.

L’auteur considère que la baisse des prix au fil de la répétition des processus d’achat fournit aux planificateurs des informations concrètes sur les coûts actuels du stockage, plutôt que de les obliger à tenter d’estimer ses coûts dans vingt ans. Cependant, l’ajout d’énergie propre ne suffit pas à lui seul, car le gaz assure des fonctions opérationnelles 24 heures sur 24, notamment la fourniture de réserves, le suivi des variations de la charge et la réponse en fréquence.

La production de gaz et de pétrole raccordée au réseau de transport est passée de 9,7 TWh en 2020 à 31,4 TWh en 2025, alors que la production nucléaire diminuait en raison des travaux de remise à neuf et des arrêts. La part du gaz dans la production raccordée au réseau de transport est également passée de 7 % à 19,3 % en cinq ans. Selon l’analyse, réduire cette part exige de remplacer, heure par heure, les fonctions assurées par le gaz, et non simplement d’ajouter une autre grande source d’énergie annuelle bas carbone. Les batteries, l’hydroélectricité, les lignes de transport, les interconnexions avec d’autres réseaux et la demande modulable peuvent assurer une part croissante de ces fonctions.

La remise à neuf du parc nucléaire ne signifie pas qu’il faut commander immédiatement de nouveaux réacteurs

L’analyse ne préconise pas la fermeture des réacteurs existants. Le parc nucléaire de l’Ontario constitue l’un de ses principaux actifs bas carbone, et le bilan des récents travaux de remise à neuf est positif. Les travaux de remise à neuf de la centrale de Darlington ont été achevés avant l’échéance globale prévue et en dessous du budget, tandis que la troisième unité de la centrale de Bruce a été remise en service sept mois avant la date prévue et en dessous du budget.

L’auteur distingue la prolongation de la durée de vie de réacteurs existants sur des sites disposant déjà de lignes de transport, de main-d’œuvre qualifiée et d’institutions opérationnelles, de la décision de construire un grand nombre de nouveaux réacteurs dans les années 2040. Les petits réacteurs modulaires de Darlington représentent, selon l’analyse, une voie plus risquée que le programme de remise à neuf, car ils reposent sur le GE Hitachi BWRX-300, un réacteur à eau bouillante d’une conception qu’exploite l’Ontario pour la première fois, avec un cycle du combustible et une chaîne d’approvisionnement différents de ceux du parc CANDU.

De plus, la province n’a pas construit de nouveau réacteur depuis des décennies; on ne peut donc pas simplement supposer que les capacités institutionnelles qui ont permis de réaliser le parc initial sont encore prêtes. Les quatre premières unités pourraient fournir des enseignements utiles, mais il convient de les considérer comme un premier programme nucléaire à haut risque en matière de conception, de coûts et de calendrier, et non comme la preuve que les petits réacteurs ont déjà résolu les problèmes liés à la construction de centrales nucléaires.

Les décisions à long terme nécessitent de meilleures informations

La région de Wesleyville pourrait à l’avenir accueillir jusqu’à 10 GW de production, tandis que le projet Bruce C avance au stade de la préconstruction. L’auteur estime qu’il est logique de conserver ces options ouvertes, notamment parce que les scénarios de demande de l’IESO diffèrent d’environ 90 TWh en 2050. En revanche, s’engager dès maintenant à construire la totalité de cette capacité est beaucoup moins justifié.

Si la demande se rapproche du scénario élevé et qu’un important déficit de production propre subsiste après l’ajout des énergies renouvelables, du stockage et de la demande flexible, une importante expansion nucléaire pourrait devenir appropriée. En revanche, si la demande se rapproche du scénario de référence ou du scénario faible et que les coûts des énergies renouvelables, du stockage et de la demande flexible continuent de diminuer, l’Ontario pourrait ne pas avoir besoin, sur le plan économique, de construire de nouvelles installations nucléaires.

La recommandation de l’auteur consiste en définitive à mettre d’abord en œuvre les ressources les plus rapides à déployer, à poursuivre la remise à neuf des réacteurs dont la valeur est démontrée, à tirer les leçons des petits réacteurs en cours de construction, tout en conservant les grands sites nucléaires disponibles. Lorsque de meilleures informations seront disponibles, il sera possible de prendre les décisions coûteuses et durables concernant une nouvelle production nucléaire. L’auteur critique également le fait d’avoir transformé les énergies renouvelables en enjeu politique pendant des années, mais met simultanément en garde contre le remplacement d’une réponse politique prédéterminée par une autre; selon lui, le critère doit être la combinaison qui fournit suffisamment d’électricité propre, remplace la flexibilité du gaz et laisse le plus petit déficit coûteux possible face à une nouvelle production ferme.

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