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L’impact d’une fusée sur la Lune révèle une lacune dans les règles d’élimination des débris spatiaux

Cet article estime que l’impact sur la Lune d’un étage supérieur abandonné d’une fusée Falcon 9 met en évidence l’absence de règles internationales claires pour l’élimination des équipements lunaires, en particulier à l’approche du retour des vols habités à la surface de la Lune. L’autrice propose de renforcer la coordination et la transparence et de recueillir des données avant l’expansion de l’activité lunaire.

2026-08-17
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فريق تحرير certi.news
L’impact d’une fusée sur la Lune révèle une lacune dans les règles d’élimination des débris spatiaux

Au début du mois d’août 2026, un étage supérieur abandonné d’une fusée SpaceX Falcon 9 s’est écrasé à la surface de la Lune à une vitesse de 8 700 kilomètres par heure, après avoir dérivé pendant 19 mois sans carburant ni contrôle. Cet étage avait acheminé vers la Lune les atterrisseurs Blue Ghost de la société Firefly et Resilience de la société ispace en janvier 2025.

L’impact n’était pas un atterrissage dirigé, mais il s’est produit dans une zone presque déserte, à environ 900 kilomètres de toute autre infrastructure. Selon l’opinion publiée dans SpaceNews, cette issue aux effets limités ne devrait pas masquer un problème plus vaste : l’activité lunaire se développe, tandis que les règles relatives à l’élimination des équipements à la fin de leurs missions restent incomplètes.

Pourquoi cette évolution est-elle importante ?

Les États-Unis et la Chine devraient effectuer des opérations d’atterrissage habitées à la surface de la Lune d’ici 2030. Cela ne laisse, selon l’autrice, qu’une période de deux à quatre ans pour coordonner des règles de sécurité lunaire protégeant les missions robotiques, ainsi que les êtres humains et les infrastructures dont auront besoin les missions habitées de longue durée.

Le dernier impact n’est que l’un des deux impacts non contrôlés d’étages supérieurs à la surface de la Lune survenus en peu de temps. Les risques ne se limitent pas au point d’impact direct ; les débris projetés peuvent atteindre des orbites autour de la Lune. Même les atterrissages dirigés de l’époque du programme Apollo ont provoqué, lorsque les interactions des jets d’échappement avec la surface ont projeté des matériaux, l’éjection de substances à plusieurs kilomètres du site d’atterrissage.

Les matières dangereuses présentes sur les engins spatiaux suscitent également des inquiétudes supplémentaires, notamment la possibilité que le carburant contamine les zones survolées par les engins ou situées à proximité de leurs sites d’atterrissage. Des travaux sont par ailleurs menés pour élaborer des normes de sûreté nucléaire, parallèlement aux efforts visant à développer des réacteurs nucléaires lunaires.

Une lacune réglementaire qui dépasse la protection des sites scientifiques

Les règles internationales existantes relatives à l’élimination des équipements lunaires se limitent en pratique aux directives du Comité de la recherche spatiale internationale COSPAR sur la protection planétaire. Ces directives se concentrent sur la limitation de la contamination biologique et organique des sites scientifiquement sensibles, notamment les régions polaires et les zones constamment ombragées, mais elles ne réglementent pas les impacts non contrôlés.

L’autrice estime que l’apparition prochaine d’un cadre international juridiquement contraignant dans ce domaine semble peu probable. Toutefois, le principe 12 des accords Artemis aborde la question, et la gestion des débris lunaires a retenu l’attention de plusieurs pays disposant de capacités d’exploration lunaire.

L’Agence spatiale britannique a ainsi élaboré une analyse des options d’élimination en fin de mission sur trois orbites lunaires et a conclu que l’impact quasi contrôlé, le transfert vers une orbite solaire et le transfert vers l’espace lointain étaient les options les moins risquées et les moins coûteuses. L’Agence japonaise d’exploration aérospatiale JAXA a également accordé à la société ispace un contrat pour étudier les points de vue du secteur privé sur les débris lunaires et leur gestion, tandis que le gouvernement sud-coréen a parrainé plusieurs événements internationaux sur la coordination lunaire et présenté la coordination du trafic spatial autour de la Lune comme une question importante.

Que peut-on faire avant l’adoption de nouvelles règles ?

L’opinion propose de tirer parti des normes et des organismes techniques existants plutôt que d’attendre un accord juridique global. Cela comprendrait l’intégration de la Chine et de la Russie dans des cadres tels que le Comité interagences de coordination des débris spatiaux IADC, l’Organisation internationale de normalisation ISO, le Comité consultatif pour les systèmes de données spatiales CCSDS et le Groupe international de coordination de l’exploration spatiale ISECG.

Les directives de l’IADC relatives à la réduction des débris spatiaux, ainsi que les pratiques américaines standard d’atténuation des débris orbitaux, présentent une lacune manifeste concernant les orbites xGEO et l’espace lunaire. Comme il peut être difficile d’éviter les impacts intentionnels à la surface de la Lune, notamment en l’absence d’alternatives pratiques suffisantes pour éliminer les satellites présents sur l’orbite lunaire basse, l’élaboration de directives relatives aux impacts contrôlés pourrait constituer un point de départ. Les règles devraient également couvrir les équipements déjà présents à la surface de la Lune, au moyen d’exigences visant à désactiver les sources d’énergie ou les risques et à garantir la sécurité humaine.

La transparence et les données font partie de la sécurité

Les accords Artemis offrent aux États signataires la possibilité de soumettre au Bureau des Nations unies pour les affaires spatiales extra-atmosphériques des normes d’enregistrement supplémentaires, notamment des plans d’élimination en fin de mission. Toutefois, la NASA a laissé une grande partie de ces données dans ses enregistrements lunaires sous la mention « renvoyé au fournisseur commercial », sans fournir de moyen clair aux fournisseurs commerciaux de transmettre les informations manquantes. L’opinion relie cette situation à l’absence d’un système complet d’autorisation et de supervision des activités lunaires commerciales.

Les gouvernements peuvent intégrer des exigences d’élimination en fin de mission dès les étapes de développement et de contractualisation de la mission. La NASA demande déjà aux missions sous contrat de présenter un rapport d’évaluation des débris orbitaux comprenant un plan d’élimination en fin de mission.

La collecte de données est également importante car l’engin sud-coréen Danuri a enregistré l’impact de l’étage de Falcon 9, fournissant des données précieuses. Les connaissances restent limitées concernant l’effet de la taille et de la configuration du moteur, les différences de résultats selon la nature du terrain, les modifications physiques de la surface, la distribution des particules et les moyens d’atténuation possibles, tels que les plateformes d’atterrissage. L’opinion appelle donc à utiliser des ensembles de capteurs standardisés, comme les caméras stéréoscopiques destinées à étudier l’interaction des jets des atterrisseurs avec la surface lunaire SCALPSS, et à encourager le partage des résultats par l’intermédiaire des organismes de normalisation, du Comité des Nations unies pour l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique et des accords Artemis.

Cet article présente le point de vue de Therese Jones, directrice de la recherche à l’Institut européen de politique spatiale, qui a dirigé le portefeuille de recherche de l’institut pour l’Agence spatiale européenne, la Commission européenne et des agences spatiales nationales, et qui a auparavant occupé le poste de conseillère principale en matière de politiques au Bureau de la science, de la technologie et de la politique et de la stratégie au siège de la NASA. SpaceNews a précisé dans une note éditoriale datée du 17 août 2026 que l’article avait initialement été attribué par erreur à un autre auteur.

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