XPeng a annoncé que son unité robotique avait levé plus de 900 millions de dollars lors d’un tour de financement portant sa valorisation post-investissement à plus de 6,3 milliards de dollars. Selon l’entreprise, ce tour, mené par IDG Capital avec la participation de Gaorong Ventures et le soutien stratégique de Tencent et Alibaba, est le plus important jamais réalisé en un seul tour privé dans le secteur de l’intelligence artificielle incarnée en Chine.
XPeng prévoit d’utiliser ce financement pour faire passer son robot humanoïde IRON à la production de masse d’ici la fin de 2026. Son utilisation initiale devrait avoir lieu dans les magasins et les campus de XPeng, avant le lancement et la livraison aux clients en Chine et sur les marchés étrangers au cours de 2027.
Un financement qui s’accompagne de la scission de l’unité robotique
Le financement comprend plus de 600 millions de dollars provenant d’investisseurs externes, environ 200 millions de dollars d’une filiale de XPeng et 100 millions de dollars de dirigeants de l’entreprise. Parallèlement à ce tour, XPeng travaille, au cours des dix-huit prochains mois, au transfert des actifs robotiques, de la propriété intellectuelle et des employés vers une filiale indépendante, le groupe conservant une participation d’environ 82 %. Cela permettra une valorisation distincte de l’unité, tout en la maintenant dans les états financiers consolidés du groupe.
He Xiaopeng, directeur général de XPeng, a pris le contrôle direct de l’activité robotique en juin 2026, une décision qui confirme que l’entreprise considère ce projet comme une voie commerciale allant au-delà d’une simple expérience de recherche.
Les spécifications d’IRON et la dépendance au traitement local
XPeng a dévoilé la dernière génération d’IRON lors de l’événement AI Day en novembre 2025. Le robot possède 76 degrés de liberté sur l’ensemble de son corps et 21 degrés de liberté dans chaque main, ainsi qu’une structure maillée flexible entièrement fermée que l’entreprise décrit comme une peau artificielle conciliant une apparence proche de l’humain et les exigences de sécurité.
IRON repose sur trois puces Turing AI développées en interne, pour une capacité totale de 2 250 TOPS. XPeng affirme que ce système exécute son modèle de base d’intelligence artificielle physique directement sur le robot, ce qui lui permet d’accomplir des tâches complexes de manière autonome et sans téléopération.
Qu’est-ce qui change concrètement ?
L’importance de cette annonce réside dans la combinaison d’un financement important, d’une restructuration donnant à l’activité robotique une valorisation indépendante et d’un plan de fabrication directement lié à la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques de XPeng. L’entreprise estime que son expérience des normes de qualité du secteur automobile et de la production à grande échelle peut l’aider à surmonter l’un des principaux obstacles des robots humanoïdes : passer des démonstrations expérimentales à la fabrication d’unités reproductibles.
L’unité robotique vise une capacité mensuelle dépassant 1 000 robots IRON et a également fixé un objectif pouvant atteindre un million d’unités d’ici 2030. XPeng fonde son argument industriel sur la taille actuelle de ses activités ; l’entreprise a annoncé avoir livré 103 295 véhicules au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 64,8 % en rythme trimestriel.
Mais la source laisse plusieurs questions importantes ouvertes. L’affirmation d’une autonomie sur l’appareil devra être testée dans des conditions réelles d’utilisation et après l’arrivée du robot chez les clients, et pas uniquement lors de démonstrations scéniques. De même, les objectifs de production, dont celui d’un million d’unités d’ici 2030, restent des plans futurs et non des chiffres réalisés. Le véritable test pour IRON sera donc sa capacité à accomplir des tâches utiles et répétitives à un coût acceptable, tout en démontrant que l’infrastructure de fabrication utilisée pour les voitures peut effectivement être transposée à des robots plus complexes.