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Bill Gates met en garde contre le retard de préparation face à l’intelligence artificielle et propose des taxes ainsi qu’une instance internationale

Bill Gates estime que l’accélération de l’intelligence artificielle pourrait aggraver les pertes d’emplois et les inégalités si elle n’est pas accompagnée d’une surveillance et d’une réglementation adaptées. Il propose des taxes sur l’utilisation des systèmes automatisés ainsi que des domaines de travail réservés aux humains. Des experts doutent toutefois de l’efficacité de ces taxes et mettent en garde contre leurs effets sur la compétitivité.

2026-08-28
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certi.news
Bill Gates met en garde contre le retard de préparation face à l’intelligence artificielle et propose des taxes ainsi qu’une instance internationale

Bill Gates, fondateur de Microsoft, a averti que le développement rapide de l’intelligence artificielle pourrait transformer cette technologie en une vaste source de perturbations et d’injustice si elle n’était pas accompagnée de règles de surveillance et de réglementation appropriées. Il a exposé ses positions dans un article publié sur son site internet, ainsi que dans une récente interview accordée au New York Times, au cours de laquelle il a déclaré être passé d’un optimisme initial quant aux possibilités de l’intelligence artificielle à une inquiétude face à la rapidité de ses progrès par rapport au niveau de préparation des sociétés et des infrastructures.

L’inquiétude de Gates repose sur l’évolution accélérée des outils d’intelligence artificielle, notamment des outils de programmation comme Claude Code, de l’entreprise Anthropic, ainsi que sur des modèles conversationnels qui surpassent désormais les humains dans certaines capacités. Selon lui, l’impact de ces modèles ne se limite pas à l’automatisation de tâches précises, mais pourrait également s’étendre aux emplois de bureau et aux emplois manuels, ce qui pourrait rendre plus difficile la transition des travailleurs ayant perdu leur emploi vers d’autres secteurs.

Des pertes d’emplois aux risques d’une utilisation dangereuse

Gates critique ce qu’il décrit comme le silence de certains dirigeants d’entreprises d’intelligence artificielle au sujet des risques potentiels de cette technologie. Selon les informations rapportées dans l’article, ces risques comprennent la perte d’un grand nombre d’emplois, ainsi que la possibilité d’utiliser l’intelligence artificielle pour produire des armes biologiques. Gates estime que certaines entreprises pourraient éviter d’aborder publiquement ces questions par crainte d’influencer les investissements ou les valorisations élevées, dans un contexte de course au développement de modèles toujours plus avancés.

Ces positions ne prouvent pas que ces scénarios se réaliseront, mais elles révèlent l’élargissement du débat, qui ne porte plus seulement sur l’amélioration de la productivité, mais aussi sur la répartition des effets de l’automatisation et les limites d’une utilisation acceptable des systèmes avancés. Elles confrontent également les entreprises qui développent ces modèles à une question qui dépasse les performances techniques : comment gérer les conséquences sociales et sécuritaires des technologies qu’elles mettent sur le marché ?

Que propose concrètement Gates ?

Gates propose d’imposer des taxes sur les unités de calcul fondamentales utilisées pour faire fonctionner les modèles d’intelligence artificielle, que l’article désigne sous le nom de « tokens », ainsi que sur les robots utilisés sur les lieux de travail. Selon son argumentation, l’objectif serait de rendre le remplacement des employés par des systèmes automatisés plus coûteux, puis d’affecter les recettes à la reconversion et à la formation des travailleurs touchés afin de les préparer à de nouveaux emplois.

Il appelle également à créer des domaines « réservés aux humains », dans lesquels les systèmes d’intelligence artificielle ne prendraient pas en charge certaines tâches exigeant une interaction humaine approfondie. Parmi les exemples qu’il a cités figurent les spécialistes de la santé mentale, les auxiliaires de vie et les médecins chargés d’annoncer aux patients des diagnostics médicaux sensibles.

À l’échelle internationale, Gates propose de créer une instance de surveillance spécialisée chargée de gérer les risques transfrontaliers, notamment la possibilité que l’intelligence artificielle soit utilisée pour développer des armes biologiques, à l’image des organismes et accords internationaux existant dans des domaines tels que l’énergie nucléaire et l’aviation.

Pourquoi ce débat est-il important ?

La valeur pratique de la proposition de Gates ne réside pas dans le fait qu’elle constitue un plan réglementaire achevé, mais dans le fait qu’elle relie trois axes souvent abordés séparément : l’impact de l’automatisation sur l’emploi, la responsabilité des entreprises qui développent ces technologies et les menaces qui ne s’arrêtent pas aux frontières d’un seul État. Si ces idées se transforment en politiques publiques, elles auront une incidence sur les entreprises qui développent les modèles, les utilisateurs des outils d’intelligence artificielle et les travailleurs dont les emplois reposent sur des tâches cognitives ou opérationnelles susceptibles d’être automatisées.

Toutefois, la pertinence de ces propositions reste controversée. Le professeur d’informatique Oren Etzioni a déclaré à ABC News qu’imposer une taxe sur les unités d’intelligence artificielle pourrait revenir à taxer les frappes sur les touches d’une machine à écrire. Il a averti qu’une taxe imposée aux États-Unis pourrait pousser les entreprises à utiliser des modèles étrangers, ce qui donnerait aux concurrents situés hors du pays un avantage concurrentiel. Certains experts estiment également qu’il serait plus pratique d’élaborer des politiques par l’intermédiaire des organismes gouvernementaux existants plutôt que de créer de nouvelles structures bureaucratiques.

Lecture éditoriale : le véritable changement réside dans le passage d’une question portant sur les capacités de l’intelligence artificielle à une question portant sur la manière de répartir son coût et ses risques. Les questions ouvertes concernent notamment la définition d’une « taxe sur l’intelligence artificielle », la mesure de ses effets, la prévention du transfert des usages vers des entités étrangères et la détermination des emplois qui méritent une protection humaine. L’article présente ces positions et ces objections, mais ne fournit pas de modèle détaillé pour mettre en œuvre les propositions ni de preuve permettant de trancher leurs résultats.

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