La LiveWire S4 Honcho Street est désormais éligible à l’utilisation dans les programmes de formation des conducteurs de motos qui répondent aux normes de la Motorcycle Safety Foundation (MSF), une étape susceptible de réduire un obstacle courant pour les utilisateurs de motos électriques souhaitant passer à des motos plus rapides et plus performantes.
La moto électrique permet au stagiaire d’apprendre les compétences de conduite fondamentales sans devoir maîtriser le fonctionnement de l’embrayage et le passage des vitesses sur une moto à moteur thermique. Cette évolution revêt une importance particulière alors qu’un nombre croissant d’utilisateurs découvrent l’univers des véhicules à deux roues par l’intermédiaire des vélos électriques, et non des motos traditionnelles.
Une moto adaptée à la formation
LiveWire a conçu le modèle S4 Honcho pour en faire sa moto électrique la plus petite et la plus facile à manier. Elle pèse 266 livres, soit environ 121 kilogrammes, tandis que la hauteur de sa selle est inférieure à 30 pouces. Ses caractéristiques la placent dans une catégorie proche de celle des motos traditionnelles de 125 cm³, ce qui la rend moins intimidante que les motos de grande taille.
Sa vitesse maximale atteint 59 miles par heure, soit environ 95 kilomètres par heure. Elle propose également des modes de conduite à basse vitesse qui la limitent à 18 miles par heure et 28 miles par heure, ce qui correspond approximativement aux environnements d’exercice associés aux première et deuxième vitesses. Ces limites conviennent aux formations de la MSF, généralement organisées sur des parkings fermés pour enseigner le contrôle de base de la moto.
LiveWire estime l’autonomie de la moto à 53 miles, soit 85 kilomètres, selon la norme WMTC, et à 73 miles, soit 117 kilomètres, à une vitesse de 20 miles par heure. Le système de batterie interchangeable permet également aux centres de formation de maintenir les motos en service plus longtemps sans attendre la fin de la recharge.
Qu’est-ce qui change concrètement ?
Jon Bekefy, responsable de l’activité commerciale chez LiveWire, a déclaré que la nouvelle génération de conducteurs se familiarise avec les déplacements à bord de vélos électriques et de véhicules électriques, et qu’une moto électrique pourrait constituer pour elle une porte d’entrée plus naturelle vers la conduite des motos. Selon l’entreprise, la Honcho supprime certains obstacles à l’entrée lorsqu’elle est associée aux programmes de formation de la MSF.
De son côté, la MSF a déclaré que la moto rejoindrait la flotte de démonstration de formation dans le cadre du MSF RiderCoach Tour, ce qui permettra aux instructeurs de l’utiliser dans plusieurs exercices et aux prestataires de formation d’évaluer son adéquation à leurs programmes.
Avantages et limites
Le fait que la moto soit reconnue par les normes de la MSF ne signifie pas que tous les programmes ou toutes les régions l’adopteront immédiatement ; on ignore encore quels programmes de la MSF la proposeront ou où elle sera accessible aux stagiaires. De plus, une formation sur une moto dépourvue d’embrayage ne qualifiera pas automatiquement le conducteur à piloter des motos à commande manuelle, un point dont les conséquences varient selon les règles locales en matière de permis et d’examen.
Néanmoins, cette évolution met l’accent sur des compétences communes aux motos électriques et traditionnelles, comme le freinage, l’inclinaison, les manœuvres à basse vitesse, la vigilance à l’égard de l’environnement et l’exécution de manœuvres d’urgence. Pour les utilisateurs de vélos électriques qui n’ont pas l’intention de conduire une moto équipée d’une boîte de vitesses manuelle, l’apprentissage de ces compétences sur le véhicule qu’ils comptent utiliser pourrait rendre le passage à la catégorie des motos plus direct.
Cette initiative indique également une voie possible pour élargir la base des utilisateurs de motos électriques : au lieu de demander aux nouveaux venus issus du vélo électrique d’apprendre d’abord une compétence propre aux motos thermiques, il serait possible de les former dès le départ sur un véhicule électrique léger et compact. Toutefois, l’ampleur réelle de l’impact dépendra des décisions des centres de formation et des autorités réglementaires, et non de la seule approbation de la MSF.