Waymo a choisi la ville de Toronto comme premier marché canadien où l’entreprise annonce son arrivée. Ses véhicules commenceront à circuler dans les rues au cours des prochains jours, avec des conducteurs humains, tandis que l’entreprise vise à proposer les premiers trajets publics aux utilisateurs en 2028. Toronto deviendra ainsi le quatrième marché annoncé par l’entreprise hors des États-Unis, après Londres, Tokyo et Singapour.
Waymo ne commencera pas immédiatement à exploiter des véhicules sans conducteur. Des spécialistes conduiront les véhicules lors de la première phase afin de créer des cartes haute précision et de vérifier les performances des logiciels dans les rues de la ville avant le passage à la conduite autonome. Element Fleet Management, dont le siège se trouve à Toronto, assurera la gestion de la flotte de bout en bout.
Un plan opérationnel lié à des partenaires locaux
Waymo a également mentionné deux partenaires canadiens existants : l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada, en tant qu’investisseur à long terme, et Magna International, son partenaire manufacturier. L’entreprise a déclaré que l’initiative pourrait créer à terme « des centaines d’emplois » dans l’entretien de la flotte, la conduite nécessaire à la vérification des systèmes, le service à la clientèle et les opérations.
Cette promesse revêt une importance locale, après que le Toronto Star a rapporté en avril, citant le bureau de la mairesse de Toronto, Olivia Chow, que la ville ne soutiendrait pas Waymo si le service entraînait des pertes d’emplois et que l’entreprise devrait démontrer le contraire.
L’obstacle réglementaire précède la date prévue pour le transport de passagers
L’annonce de Waymo ne mentionnait aucun permis ni aucune approbation précise autorisant l’exploitation d’un service commercial. Depuis 2016, l’Ontario autorise l’essai de véhicules automatisés en vertu du règlement O. Reg. 306/15 et a ajouté l’essai de véhicules sans conducteur en 2019. Toutefois, la base de données juridique de la province indique que ce règlement sera abrogé le 13 octobre 2027, soit avant la date visée par Waymo pour le transport de passagers.
Le cadre actuel ne constitue pas une autorisation pour un service de transport payant ; il est destiné aux essais pilotes. Transport Canada a également indiqué que l’utilisation de véhicules autonomes sur les routes publiques demeure limitée à des « projets pilotes temporaires » administrés par les provinces. La date de 2028 dépend donc de la mise en place par le gouvernement de Doug Ford d’un nouveau cadre réglementaire commercial.
Pourquoi cette nouvelle est-elle importante ?
La longue période d’essai donnera à Waymo l’occasion de recueillir des données climatiques et opérationnelles avant de transporter des passagers. L’entreprise affirme avoir parcouru plus de 400 millions de kilomètres en conduite autonome et indique que ses véhicules ont enregistré 95 % moins d’accidents dans les collisions ayant causé des blessures graves ou pire, comparativement aux conducteurs humains dans les villes où elle exerce ses activités. Elle affirme également effectuer plus de 500 000 trajets payants par semaine dans plus de dix zones urbaines américaines.
Les conditions hivernales de Toronto constitueront un test important pour le système, notamment la boue, le sel routier et la pluie verglaçante, qui peuvent recouvrir les capteurs. Waymo affirme que son système est conçu pour fonctionner dans toutes les conditions météorologiques, mais la longue période de conduite manuelle mettra cette affirmation à l’épreuve dans la pratique avant le lancement commercial.
Le résultat concret demeure lié à deux entités extérieures à l’entreprise : le gouvernement de l’Ontario, qui doit établir une voie juridique permettant de passer de l’essai au service payant, et la ville de Toronto, qui subordonne son soutien à l’incidence du projet sur l’emploi. Par conséquent, 2028 n’est pas une date de mise en service garantie, mais plutôt un objectif qui nécessite d’abord l’achèvement des règles réglementaires.