Espace et technologies spatiales

Le National Reconnaissance Office américain accroît son recours aux renseignements spatiaux de HawkEye 360

Le National Reconnaissance Office américain a attribué à HawkEye 360 un nouveau contrat visant à faire passer l’utilisation des données commerciales de renseignement sur les fréquences radio de la phase d’évaluation au soutien opérationnel des agences de renseignement et de défense. Ces données permettent de localiser depuis l’espace les radars, les systèmes de communication et d’autres sources d’émissions électroniques.

2026-08-18
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فريق تحرير certi.news
Le National Reconnaissance Office américain accroît son recours aux renseignements spatiaux de HawkEye 360

Le National Reconnaissance Office américain (NRO) a attribué à HawkEye 360 un nouveau contrat pour fournir des renseignements commerciaux fondés sur les fréquences radio, dans le cadre d’une étape faisant passer la coopération entre les deux parties d’un programme d’évaluation pluriannuel à une phase de soutien opérationnel des agences américaines de renseignement et de défense. La valeur du contrat n’a pas été divulguée.

Le bureau a annoncé le 17 août que le contrat avait été conclu dans le cadre du programme Commercial Radio Frequency Capabilities Augmentation (CRFCA), qui vise à élargir l’utilisation, par la communauté américaine du renseignement et l’armée américaine, des données commerciales sur les fréquences radio. Le programme est géré par le bureau des systèmes commerciaux du NRO, les données pouvant être utilisées dans des missions de sécurité nationale ainsi que dans des missions civiles et humanitaires.

Que mesurent les satellites de fréquences radio ?

Contrairement aux satellites optiques, qui recueillent des images de la surface terrestre, les satellites de fréquences radio écoutent les émissions électroniques provenant de sources telles que les radars, les systèmes de communication et les équipements maritimes. Lorsque plusieurs engins spatiaux recueillent les mêmes mesures, celles-ci peuvent être analysées afin de déterminer la source du signal et sa localisation.

HawkEye 360 exploite plus de 30 petits satellites en orbite terrestre basse. Ces satellites volent généralement en formations de trois engins qui travaillent ensemble pour détecter les émissions radio, en caractériser les propriétés et en déterminer la position. Ce type de données offre aux parties concernées un moyen différent de l’imagerie spatiale traditionnelle pour surveiller l’activité électronique associée aux cibles terrestres et maritimes.

De l’évaluation à l’achat opérationnel

Le contrat représente l’étape suivante d’un effort lancé par le NRO en 2022 afin de tester la capacité des satellites commerciaux à compléter les systèmes de renseignement gouvernementaux. Le programme Commercial Radio Frequency Capabilities a débuté en septembre de cette année-là avec des contrats d’étude attribués à six entreprises, avant de passer à une évaluation des capacités par la modélisation et la simulation, puis à la réalisation de démonstrations en orbite.

Le mécanisme CRFCA a été conçu pour permettre au National Reconnaissance Office d’augmenter ses achats de ces données ou de les modifier en fonction de l’évolution des exigences des missions. Cette approche ressemble aux efforts du bureau visant à intégrer d’autres formes de télédétection commerciale dans son architecture de renseignement, notamment l’imagerie électro-optique et l’imagerie radar à synthèse d’ouverture.

La demande internationale accroît l’importance des données commerciales

Le contrat américain intervient alors que l’activité de HawkEye 360 s’étend au-delà des États-Unis. Lors de la présentation de ses résultats du 13 août, l’entreprise a déclaré que ses revenus internationaux avaient atteint 21 millions de dollars au deuxième trimestre, soit une hausse de 134 % par rapport aux 9 millions de dollars enregistrés sur la même période de l’année précédente. Les clients internationaux ont représenté environ 42 % du chiffre d’affaires total du trimestre, qui s’est élevé à 49,8 millions de dollars, tandis que la direction a indiqué que la croissance internationale était organique et ne résultait pas d’opérations d’acquisition.

L’entreprise a fait état de contrats internationaux d’une valeur supérieure à 100 millions de dollars, dont des travaux réalisés dans le cadre d’un programme de guerre électronique en Europe ainsi qu’un contrat pluriannuel visant à soutenir la marine indienne et d’autres clients dans la région de l’océan Indien. Cela reflète l’augmentation de la demande militaire pour les renseignements spatiaux sur les fréquences radio dans un contexte de conflits et de préoccupations sécuritaires en Europe, au Moyen-Orient et dans la région indo-pacifique.

Qu’est-ce qui change concrètement ?

Cette évolution ne se limite pas à l’ajout d’un nouveau client gouvernemental : elle indique que les données des satellites commerciaux passent de la phase de démonstration des capacités à celle d’un élément sur lequel il est possible de compter pour les missions opérationnelles. HawkEye 360 cherche également à réduire le délai entre la collecte des données et leur livraison : l’entreprise vise, dans un délai de deux à trois ans, à revisiter les zones environ toutes les dix minutes, avec un temps de latence à peu près similaire, grâce au lancement de satellites supplémentaires, à l’utilisation de charges utiles hébergées, ou à une combinaison des deux options.

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