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Le Conseil constitutionnel français rejette l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans et met en garde contre le coût de la vérification de l’âge

Le Conseil constitutionnel français a annulé une loi qui aurait interdit aux moins de 15 ans d’utiliser les réseaux sociaux à compter de janvier 2027, estimant que l’interdiction portait de manière disproportionnée atteinte à la liberté d’expression et à la vie privée. L’EFF estime que la décision attire l’attention sur les risques de la vérification obligatoire de l’âge pour tous les utilisateurs, tandis que le gouvernement se prépare à réécrire la loi.

2026-08-26
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فريق تحرير certi.news
Le Conseil constitutionnel français rejette l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans et met en garde contre le coût de la vérification de l’âge

Le Conseil constitutionnel français a annulé une loi qui aurait interdit l’utilisation des réseaux sociaux aux personnes âgées de moins de 15 ans, une interdiction qui devait entrer en vigueur en janvier 2027. La décision est intervenue après l’examen de la conformité de la loi à la Constitution française, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression et de communication ainsi que le droit au respect de la vie privée.

La Electronic Frontier Foundation (EFF) présente cette décision comme une victoire pour la liberté d’expression, dans une tribune publiée le 26 août 2026. Selon l’organisation, l’affaire ne concerne pas uniquement les mineurs, car l’application de l’interdiction aurait conditionné l’accès aux plateformes à des procédures de vérification touchant tous les utilisateurs, y compris les adultes.

Pourquoi le Conseil constitutionnel a-t-il rejeté la loi ?

Le Conseil a estimé que l’interdiction générale visant les moins de 15 ans limitait la liberté d’expression et de communication d’une manière qui ne satisfaisait pas aux critères d’adéquation, de nécessité et de proportionnalité imposés par l’article 34 de la Constitution française. Il a également relevé que la loi ne distinguait pas entre les différents types de services numériques et ne tenait pas compte de la situation individuelle des utilisateurs, notamment de leur âge exact, de leur degré de maturité et de leur situation familiale.

Selon l’EFF, ce point est important, car une interdiction générale pourrait bloquer l’accès à des espaces numériques dont les fonctions dépassent le simple divertissement. Certains jeunes, notamment ceux appartenant à des groupes marginalisés ou à la communauté LGBTQ+, peuvent dépendre de ces plateformes pour accéder à l’actualité et à des informations de santé, trouver des communautés de soutien et explorer leur identité. L’organisation affirme que leur isolement numérique pourrait les priver de ressources qui ne sont pas facilement disponibles dans leur environnement immédiat.

L’EFF critique également le fait que la préférence qu’elle attribue aux jeunes eux-mêmes pour des solutions fondées sur la culture numérique et l’éducation, plutôt que sur la surveillance et le contrôle gouvernementaux, ait été ignorée. Elle ajoute que l’interdiction des plateformes pourrait affaiblir l’anonymat en ligne, un élément qui, selon elle, protège les lanceurs d’alerte, les journalistes, les militants et les migrants.

La vérification de l’âge concerne aussi les adultes

Le Conseil s’est également opposé à l’obligation de prouver son âge avant d’autoriser quiconque, y compris les adultes, à accéder aux réseaux sociaux. Il a considéré que cette exigence portait atteinte au droit au respect de la vie privée garanti par l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

En pratique, de telles règles pourraient inciter les plateformes à demander des pièces d’identité officielles, des images du visage ou d’autres données sensibles. Si le consentement parental était exigé, les entreprises pourraient recueillir des données supplémentaires sur les parents ou tuteurs. L’EFF estime que l’élargissement de la portée de ces données lie la protection des mineurs à une infrastructure de vérification et de surveillance couvrant l’ensemble de la société, et pas seulement la tranche d’âge ciblée.

L’organisation souligne également que les systèmes de vérification de l’âge peuvent mal identifier les personnes handicapées, les personnes transgenres ou les personnes dont l’expression de genre est non conforme lorsque leur apparence ne correspond pas aux photos de leurs documents, et qu’ils peuvent aussi conduire à l’exclusion de personnes de différentes origines ethniques. Ce sont des risques soulevés par l’EFF dans le cadre de son argumentation, et la source ne fournit pas de détails statistiques permettant d’en mesurer l’ampleur.

Qu’est-ce qui change concrètement ?

La décision du Conseil ne signifie pas la fin de l’initiative législative française. Le président français Emmanuel Macron a chargé le Premier ministre Sébastien Lecornu de réécrire la loi afin de parvenir à une version « juridiquement solide ». L’évolution actuelle consiste donc à annuler le texte présenté, et non à trancher le débat politique sur la limitation de l’accès des mineurs aux plateformes.

La décision a également des répercussions sur le débat européen. La Commission européenne travaille sur un projet de loi imposant des restrictions d’accès à l’échelle de l’Union européenne, et ces restrictions pourraient nécessiter des mécanismes de vérification de l’âge. L’EFF avertit que le portefeuille européen d’identité numérique et l’application de « vérification miniature » de l’âge, bien qu’ils soient présentés comme deux options respectueuses de la vie privée, soulèvent selon elle de sérieuses questions en matière de vie privée et de sécurité.

Lecture de certi.news

La véritable portée de la décision ne réside pas seulement dans le rejet d’une interdiction, mais dans le fait de montrer que la conception des politiques numériques ne peut dissocier la protection des mineurs des droits des autres utilisateurs. Toute solution fondée sur la preuve de l’âge peut modifier la nature de l’accès à Internet et accroître la quantité de données que les plateformes, l’État ou les prestataires de vérification doivent traiter.

En revanche, la source ne démontre pas que l’interdiction alternative ou la vérification de l’âge sont techniquement impossibles, et elle ne présente pas les détails de la formule que la France pourrait adopter ultérieurement. La question demeure de savoir si la réécriture répondra réellement aux objections relatives à la proportionnalité et à la vie privée, ou si elle reprendra le même objectif au moyen d’un mécanisme de vérification différent. Le message confirmé par la décision, selon la présentation de l’EFF, est que la protection des jeunes ne confère pas automatiquement un mandat pour étendre la surveillance ou restreindre la liberté d’expression de tous.

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