La plateforme X a annoncé l’extension de l’outil de transparence « Under the Hood » afin d’indiquer aux utilisateurs si leurs publications ou leurs comptes ont fait l’objet d’une réduction de visibilité ou d’un blocage en réponse à des lois locales ou à des demandes gouvernementales. Les nouvelles données préciseront le pays qui a demandé la restriction d’une publication donnée lorsqu’elle est bloquée sur son territoire.
Ce changement vise à traiter l’un des aspects les plus opaques de la modération des contenus sur la plateforme : ce que l’on appelle communément le « shadowbanning », c’est-à-dire le fait de montrer une publication à un nombre réduit d’utilisateurs sans en informer clairement son auteur. Les informations relatives aux étiquettes ou à la rétrogradation associées aux comptes et aux publications n’étaient pas accessibles aux utilisateurs à ce niveau de détail, ce qui a alimenté les accusations répétées selon lesquelles la plateforme limiterait la portée de manière non déclarée.
Que montrera l’outil ?
« Under the Hood » permet aux utilisateurs ayant publié au moins 10 fois au cours du mois de télécharger les statistiques agrégées de leurs comptes dans un fichier au format JSON. Après la mise à jour, le processus indiquera si la restriction de visibilité est liée au respect par X d’une loi locale. Il précisera également les publications bloquées dans un pays ainsi que le pays qui a présenté la demande légale.
Ces informations diffèrent des rapports de transparence traditionnels que les entreprises technologiques publient habituellement sous la forme de chiffres globaux concernant les demandes des gouvernements. Au lieu de se limiter au nombre de demandes, l’outil donne à l’utilisateur une indication sur la décision qui a précisément affecté son compte ou sa publication.
Pourquoi ce changement est-il important ?
Les demandes gouvernementales peuvent s’appuyer sur des lois relatives aux discours haineux, aux contenus liés au terrorisme ou aux règles électorales. Mais les groupes de défense de la liberté d’expression critiquent en retour l’utilisation de ces lois par certains gouvernements pour restreindre l’opposition politique. Ainsi, l’indication du pays à l’origine de la demande ne permet pas de déterminer si la restriction est légitime ou proportionnée, mais elle apporte une information essentielle pour comprendre pourquoi la visibilité d’un contenu diffère d’un pays à l’autre.
Concrètement, l’utilisateur pourra mieux distinguer une réduction de la portée résultant des systèmes de recommandation ou des politiques internes de modération d’une restriction imposée par des exigences légales locales. Toutefois, la source ne précise pas que l’outil affichera le contenu de la demande gouvernementale ou l’intégralité de sa base juridique. Par ailleurs, les statistiques restent liées à ce que X décide de divulguer dans le fichier téléchargeable.
Une étape dans une démarche de transparence plus large
Cette initiative intervient après le lancement de l’outil en août et après d’autres initiatives de X, notamment la mise à disposition de parties de l’algorithme « For You » et d’éléments supplémentaires de la base de code source. Ces ajouts comprenaient des détails sur les paramètres du modèle, les mécanismes de filtrage et le système de classement, y compris les coefficients de pondération des signaux qui influencent les publications présentées aux utilisateurs.
Ainsi, X ajoute un nouveau niveau aux tentatives d’explication des décisions relatives à l’accès aux contenus : de la divulgation de certains mécanismes de classement à l’information de l’utilisateur lorsque la restriction est liée à une demande légale d’un pays donné. Les questions restant ouvertes concernent la précision des données affichées, ainsi que la capacité des utilisateurs et des chercheurs à vérifier les demandes gouvernementales et à distinguer leur effet de celui des systèmes internes de la plateforme.