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L’Inde prépare une refonte du modèle de revenus du réseau de paiements instantanés UPI

Une nouvelle législation indienne pose le fondement juridique d’une éventuelle imposition de frais sur certains paiements des commerçants via le réseau UPI, après que ces paiements sont restés gratuits depuis 2020. La législation ne précise ni les frais ni les transactions concernées, mais des estimations indiquent qu’ils pourraient générer jusqu’à 1 milliard de dollars par an d’ici l’exercice 2028.

2026-08-04
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فريق تحرير certi.news
L’Inde prépare une refonte du modèle de revenus du réseau de paiements instantanés UPI

L’Inde s’apprête à remanier le modèle économique du réseau de paiements instantanés UPI au moyen d’une nouvelle législation qui pourrait ouvrir la voie à l’imposition de frais sur certaines transactions effectuées par les commerçants. La législation n’impose pas directement de frais et ne précise pas encore les types de transactions qui seraient concernés, mais elle établit le fondement juridique d’un éventuel réexamen du système de taux d’interchange marchand nul en vigueur depuis janvier 2020.

Dans le cadre de ce système, les entreprises ne paient pas de frais pour accepter les paiements UPI, une politique adoptée par l’Inde pour accélérer l’adoption du réseau. Au lieu de frais facturés aux commerçants, l’exploitation et le développement du réseau ont reposé sur des incitations publiques, alors que les volumes de transactions et les coûts d’infrastructure ont augmenté.

Un réseau à grande échelle et des coûts en hausse

UPI est devenue un élément essentiel de l’écosystème indien des paiements. Selon les données de la National Payments Corporation of India (NPCI), qui exploite le réseau, UPI a traité en juillet un nombre record de 23,66 milliards de transactions, pour une valeur totale de 29 880 milliards de roupies, soit environ 313,4 milliards de dollars.

Cette initiative législative intervient après des années de discussions entre le ministère des Finances, la banque centrale et les sociétés de paiement sur la meilleure façon de financer ce réseau en forte croissance. Les banques et les entreprises de technologie financière estiment que le maintien de la gratuité des paiements des commerçants devient plus difficile à mesure que les investissements nécessaires dans les infrastructures augmentent.

Amrish Rau, directeur général de l’entreprise de technologie financière Pine Labs, a déclaré dans une publication sur la plateforme X que parvenir à un taux d’adoption de 90 % et étendre UPI à l’échelle mondiale obligera les start-up, les entreprises de technologie financière et les banques à poursuivre leurs investissements dans les technologies de l’information, l’innovation et la cybersécurité. Il a ajouté qu’autoriser le secteur à récupérer une partie de ces investissements auprès des commerçants, tout en maintenant la gratuité des paiements des consommateurs et des paiements entre particuliers, pourrait rendre le modèle UPI plus durable.

Des revenus potentiels issus des transactions de plus grande valeur

Des analystes du marché estiment que la législation pourrait constituer la première étape vers une nouvelle source de revenus pour le secteur indien des paiements. Jefferies a estimé dans un rapport publié mardi que l’imposition de frais sur les transactions de plus grande valeur pourrait générer entre 50 et 100 milliards de roupies de revenus supplémentaires par an, soit environ 525 millions à 1,05 milliard de dollars, d’ici l’exercice 2028, en supposant des frais compris entre 15 et 30 points de base.

Le journal Economic Times a rapporté le mois dernier que les responsables envisageaient de limiter les éventuels frais aux commerçants de plus grande taille, plutôt que de les appliquer à toutes les transactions UPI. Selon un rapport de Bernstein, cette approche pourrait préserver le modèle du réseau favorable aux consommateurs, tout en créant une nouvelle source de revenus pour les banques et les sociétés de paiement. Le rapport indique que les transactions d’une valeur supérieure à 2 000 roupies, soit environ 21 dollars, ne représentent qu’environ 4 % du nombre total de transactions, mais environ 70 % de leur valeur.

Un impact potentiel sur les principaux acteurs et l’expansion internationale

Les détails de la législation seront suivis de près dans les pays où UPI est désormais disponible, notamment Singapour, les Émirats arabes unis et la France. Le changement pourrait également avoir un impact particulier sur les entreprises qui dominent le marché indien des paiements numériques : PhonePe, détenue par Walmart, et Google Pay, filiale d’Alphabet, représentent à elles deux environ 80 % des volumes de transactions UPI, selon les données de la NPCI.

Toutefois, l’ampleur des bénéfices que pourraient en tirer ces deux entreprises ou les autres participants à l’écosystème ne sera déterminée qu’une fois connue la manière dont d’éventuels frais futurs seront répartis entre les banques, les applications de paiement et les autres parties. La législation ouvre donc la voie à un changement potentiel, mais n’annonce pas encore de frais applicables ni de calendrier pour leur mise en œuvre.

Source de l’actualité
TechCrunch FinTech
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