Robotique et automatisation

L’ajout des robots mobiles étrangers à la liste de la FCC ouvre un débat sur la sécurité et les chaînes d’approvisionnement

La Commission fédérale américaine des communications élargit la liste des équipements considérés comme une menace pour la sécurité nationale afin d’y inclure les robots mobiles connectés pesant plus de deux kilogrammes, ce qui limite l’accès des nouveaux produits étrangers au marché américain. Alors que certains fabricants estiment que la décision renforcera l’industrie nationale et la cybersécurité, d’autres mettent en garde contre ses effets sur l’innovation et les chaînes d’approvisionnement mondiales.

2026-08-04
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certi.news Editorial Team
L’ajout des robots mobiles étrangers à la liste de la FCC ouvre un débat sur la sécurité et les chaînes d’approvisionnement

Le 28 juillet, la Commission fédérale américaine des communications (FCC) a ajouté à la « Covered List » les robots mobiles dotés de capacités de détection et de communication et pesant plus de deux kilogrammes. Cette liste, créée en 2021, recense les équipements et services de communications que la commission considère comme constituant une menace pour la sécurité nationale. En vertu de cette nouvelle extension, les nouveaux produits de cette catégorie provenant de tout pays étranger ne pourront pas être importés aux États-Unis, ce qui pourrait redéfinir les règles de la concurrence dans le secteur de la robotique.

Cette mesure est soutenue par le département américain de la Défense, dans le cadre d’efforts fédéraux dispersés visant à réduire la dépendance à l’égard de technologies étrangères considérées comme sensibles par Washington, notamment les technologies chinoises. Toutefois, les effets de la décision ne se limitent pas aux entreprises chinoises : ils pourraient s’étendre à des sociétés de pays alliés qui fabriquent des robots avancés ou dépendent de composants issus de chaînes d’approvisionnement mondiales.

Que couvre la décision ?

La FCC définit les « appareils robotiques avancés » comme des systèmes mobiles intégrant des capteurs et des communications et présentant un certain degré d’autonomie. La mesure exclut les drones, qui ont fait l’objet d’une procédure réglementaire distincte, ainsi que les véhicules connectés et les dispositifs médicaux.

La décision comprend des seuils qui peuvent laisser une marge à différentes conceptions : les systèmes pesant moins de deux kilogrammes ne sont pas concernés par cette restriction, pas plus que ceux qui communiquent à des débits inférieurs à 200 kilobits par seconde. Les restrictions s’appliquent également aux nouveaux appareils, tandis que les appareils ayant déjà obtenu une autorisation ne sont pas interdits de vente ou d’utilisation.

Le gouvernement américain affirme que les robots étrangers avancés représentent « un risque cybernétique menaçant la sécurité des infrastructures critiques et, par conséquent, la sûreté et la sécurité des personnes ». La justification, selon l’annexe « C », repose sur deux points principaux : l’importance des robots mobiles pour l’économie et l’armée, ainsi que la nécessité de disposer d’une chaîne d’approvisionnement et d’une base industrielle nationales, sans compter la possibilité d’utiliser ces robots pour surveiller des infrastructures critiques sur des sites sensibles.

Procédure d’autorisation et chaînes d’approvisionnement

Bien que la FCC affirme que la mesure est « neutre à l’égard des pays » et ne vise aucun pays en particulier, ni aucun groupe de pays, l’article indique que des sources de la sécurité nationale américaine considèrent clairement la Chine comme la source de la menace visée. L’article cite également le ministère chinois du Commerce, qui a rejeté ces mesures lors d’une conférence de presse tenue le 29 juillet, estimant qu’elles constituaient une discrimination et une répression des entreprises et des produits chinois sous couvert de sécurité nationale, et que le protectionnisme ne renforcerait pas la compétitivité américaine et pourrait nuire aux entreprises et aux consommateurs.

Pour obtenir une autorisation conditionnelle concernant un robot étranger avancé, les entreprises devront fournir de nombreuses informations, notamment un plan détaillé et assorti d’un calendrier pour établir ou développer la fabrication aux États-Unis. Les demandes devront également être soumises au département de la Défense et à la FCC avant le 1er janvier 2028. Selon les informations rapportées au sujet d’ANYbotics, l’examen pourrait comprendre une évaluation de la sécurité nationale menée par le département de la Défense ou le département de la Sécurité intérieure, la divulgation des bénéficiaires effectifs de l’entreprise et des risques liés à la chaîne d’approvisionnement, ainsi que l’annonce d’un plan visant à établir une présence industrielle importante aux États-Unis.

Cela pourrait constituer un défi même pour les entreprises qui ne fabriquent pas leurs produits en Chine, car une grande partie des composants robotiques en provient, y compris des composants de robots assemblés aux États-Unis. Selon l’article, cette réalité donne à la Chine un poids dans toute négociation liée à la décision, jusqu’à ce que les entreprises américaines soient en mesure de diversifier davantage leurs chaînes d’approvisionnement.

Des réactions contrastées dans le secteur de la robotique

Certaines entreprises américaines ont accueilli favorablement la décision, car le recul de la concurrence étrangère sur le marché commercial pourrait leur offrir davantage d’espace. Brendan Schulman, vice-président chargé des politiques chez Boston Dynamics, a écrit sur LinkedIn qu’il considérait cette mesure comme le début d’une série de politiques qui détermineront le succès et la croissance du secteur pour des décennies.

À l’inverse, d’autres entreprises ne s’attendent pas à un changement radical dans les décisions des clients. Nick Radford, directeur général de l’entreprise américaine de robotique humanoïde Persona, a déclaré que les clients américains voulaient pouvoir auditer la technologie, obtenir rapidement de l’assistance et maintenir le fonctionnement des systèmes sans dépendre d’une chaîne d’approvisionnement étrangère fragile. Selon lui, certains clients ont peut-être déjà écarté les robots chinois pour ces raisons.

Philip Frey, vice-président de la stratégie chez l’entreprise suisse de robots quadrupèdes ANYbotics, a déclaré que les clients professionnels aux États-Unis évaluaient de plus en plus les robots en fonction de leur fiabilité à long terme, de leur cybersécurité, des capacités de leurs logiciels, de leurs certifications de sécurité, de leur maintenabilité et de leur intégration dans l’écosystème, et non du seul coût du matériel. Il a ajouté que son entreprise comptait demander une autorisation conditionnelle pour ses futurs produits.

Gavin Kenneally, directeur général de l’entreprise américaine Ghost Robotics, a adopté une position plus tranchée, affirmant que des robots chinois présents aux États-Unis intégraient des logiciels espions délibérés, que des stratégies de prix prédateurs existaient et que la concurrence n’opposait pas seulement des entreprises américaines et chinoises, mais des sociétés privées américaines à une stratégie nationale chinoise coordonnée. Il estime que le renforcement de la cybersécurité et la création d’un environnement concurrentiel plus équilibré seraient bénéfiques aux clients et au secteur.

L’interdiction atteint-elle son objectif ?

L’article pose une question plus large : une interdiction générale est-elle le meilleur moyen de faire face aux risques ? Kyle Chan, sociologue à la Brookings Institution, a écrit dans un rapport publié le 9 juillet que l’approche américaine à l’égard des risques liés aux technologies chinoises était caractérisée par sa fragmentation et son manque de coordination. Il a proposé que le Bureau de l’industrie et de la sécurité du département du Commerce centralise la collecte des informations fédérales et les décisions concernant les appareils étrangers à haut risque.

Chan a également appelé à de meilleurs mécanismes de participation du public et à un processus continu et proportionné permettant de renforcer ou d’assouplir les restrictions ciblées à l’importation en fonction de risques clairement définis. Selon lui, cette approche permettrait à l’industrie américaine de continuer à tirer parti de partenariats avec des fabricants chinois pour les parties les moins sensibles de la chaîne d’approvisionnement, tout en réévaluant ces liens au fil du temps.

Selon cette conception, des restrictions générales et imprécises pourraient produire des effets contre-productifs, notamment en rendant plus difficile pour les start-up et les chercheurs américains le développement de nouveaux logiciels et en ralentissant l’innovation dans l’écosystème robotique américain. L’impact de la décision ne concerne donc pas uniquement l’interdiction de certains produits, mais aussi la manière de trouver un équilibre entre la sécurité nationale, la concurrence, la diversification des chaînes d’approvisionnement et la capacité du secteur à poursuivre son évolution.

Source de l’actualité
IEEE Spectrum Robotics
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À retenir

La Federal Communications Commission (FCC) américaine a élargi sa liste des équipements interdits afin d’y inclure les robots mobiles étrangers connectés pesant plus de deux kilogrammes, ce qui limite l’importation de nouveaux produits aux États-Unis. Cette décision pourrait affecter les entreprises étrangères et les chaînes d’approvisionnement mondiales, tout en alimentant le débat sur la sécurité nationale, l’innovation et la concurrence.

  • Les robots mobiles intégrant des fonctions de détection et de connectivité et pesant plus de deux kilogrammes ont été ajoutés à la Covered List de la FCC.
  • La restriction s’applique aux nouveaux produits étrangers, mais pas aux appareils ayant déjà obtenu une autorisation.
  • Les drones, les véhicules connectés et les dispositifs médicaux sont exclus. La restriction ne concerne pas non plus les systèmes pesant moins de deux kilogrammes ou se connectant à des débits inférieurs à 200 kilobits par seconde.
  • Les entreprises étrangères peuvent demander une autorisation conditionnelle, mais doivent fournir de nombreuses informations ainsi qu’un calendrier pour établir ou développer une production aux États-Unis avant le 1er janvier 2028.
  • Les partisans estiment que la décision renforce la cybersécurité et l’industrie nationale, tandis que ses détracteurs craignent qu’elle ne nuise à l’innovation et aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
  • Les entreprises du secteur s’attendent à ce que la fiabilité des robots, leur cybersécurité, leurs logiciels et leur maintenabilité deviennent des facteurs plus importants dans les décisions d’achat.

FAQ

Quels robots sont concernés par la décision ?

La décision concerne les systèmes robotiques mobiles qui intègrent des capteurs et des fonctions de communication, disposent d’un certain degré d’autonomie et pèsent plus de deux kilogrammes.

La décision concerne-t-elle les produits déjà présents sur le marché américain ?

Non. La décision n’interdit pas la vente ou l’utilisation des appareils ayant déjà obtenu une autorisation ; elle limite les nouveaux produits étrangers appartenant à la catégorie concernée.

Quelle est la date limite pour déposer les demandes d’autorisation conditionnelle ?

Les demandes doivent être soumises au Department of Defense et à la Federal Communications Commission avant le 1er janvier 2028.

La décision vise-t-elle uniquement la Chine ?

La FCC affirme que la mesure est neutre à l’égard des pays, mais l’article indique que des sources de la sécurité nationale américaine considèrent la Chine comme la menace visée. Le ministère chinois du Commerce a également rejeté ces mesures.

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